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18/12/2012 10:39 EST | Actualisé 17/02/2013 05:12 EST

Tunisie: des salafistes manifestent pour la libération de leurs congénères

Des militants salafistes ont manifesté mardi à Menzel Bourguiba, dans le nord de la Tunisie, pour réclamer la libération de leurs congénères arrêtés ces derniers mois après des actions violentes, notamment l'attaque de l'ambassade américaine en septembre.

"Nous avons exprimé en vain nos demandes à plusieurs responsables, nous nous rassemblons aujourd'hui pour exiger la libération de nos frères arrêtés sans jugement après les évènements de l'ambassade américaine", a déclaré Nabil Nasri, porte-parole des manifestants, sur radio Mosaïque FM.

Rassemblés devant le siège de la municipalité de Menzel Bourguiba, les manifestants ont demandé l'ouverture d'une enquête sur la mort de deux détenus salafistes Mohamed Bakhti et Béchir Gholli, accusés d'être impliqués dans l'attaque de l'ambassade américaine et qui sont décédés en novembre à la suite d'une longue grève de la faim.

Ils ont également demandé aux autorités d'ouvrir une enquête sur la torture infligée selon eux à Adam Boukadida, un autre salafiste arrêté à la suite d'affrontements armés avec la police en février 2012 dans le centre-est du pays.

Le groupe a en outre exigé une clarification de la procédure judiciaire visant son chef Abou Iyad, pour l'attaque de l'ambassade américaine le 14 septembre dernier. Abou Iyad est recherché depuis par la police mais n'a jamais été inculpé.

Selon leur porte-parole, les manifestants ont menacé de porter la protestation à Tunis et envisagent le recours à d'"autres moyens" de pression pour faire aboutir leurs demandes.

Abou Iyadh, a bénéficié de l'amnistie décrétée après la révolution de 2011 comme de nombreux autres militants de la mouvance salafiste, un courant de l'islam sunnite rigoriste, dont une faction dite jihadiste prône la violence.

Il est considéré comme l'un des dirigeants du groupe de Tunisiens proche des talibans afghans accusé d'avoir organisé l'attentat ayant tué le commandant Massoud le 9 septembre 2001.

Le gouvernement tunisien dirigé par le parti islamiste Ennahda a durci le ton face aux salafistes jihadistes après une série de violences, et surtout après l'attaque de l'ambassade américaine lors de manifestations contre un film islamophobe produit aux Etats-Unis qui avait fait 4 morts parmi les manifestants.

Mi-décembre, les services de sécurité tunisiens ont annoncé le démantèlement d'un réseau de recrutement de combattants pour Al-Qaïda dans le Maghreb islamique (Aqmi) dans le nord-ouest du pays, alors que dans le centre-ouest se poursuivait toujours la traque d'hommes armés responsables de la mort d'un gendarme le 10 décembre et soupçonnés d'appartenir au réseau salafiste.

Bsh/tg/sw

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