Standard and Poor's relève la note de la Grèce

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AFP

ATHENES, 18 déc 2012 (AFP) - L'agence de notation financière Standard and Poor's a pour la première fois depuis le début de la crise de la dette inversé la tendance pour la Grèce, en relevant mardi sa note de six crans à "B-" au vu du soutien réaffirmé de la zone euro au pays.

Sortant d'une réunion gouvernementale, le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, a salué "une décision très importante, qui crée un climat d'optimisme". "Mais nous savons que le route est encore longue et ardue, l'heure n'est pas au relâchement", a-t-il tempéré,

L'agence a fait passer la note du pays de "défaut sélectif" (SD) à "B-" (spéculatif), en qualifiant de "stable" sa perspective à long terme.

Cette décision fait suite à la conclusion de l'opération de rachat par la Grèce d'une partie de sa dette au tiers de son prix, a expliqué SP dans un communiqué.

En plaçant le 5 décembre le pays en situation de "défaillance partielle", à un cran seulement du défaut de paiement, l'agence avait précisé qu'il s'agissait d'une mesure provisoire, le temps que le pays opère le rachat de dette convenu avec ses bailleurs de fonds pour qu'ils le remettent sous perfusion financière.

Athènes a mené à bien cette opération, en recevant la semaine dernière des offres de rachat pour un montant de 31,9 milliards d'euros de la part de ses prêteurs privés, ce qui a conduit l'UE à donner son feu vert au déblocage d'une tranche de 34,3 milliards d'euros de prêt gelée depuis juin.

En procédant au réajustement prévu, SP opère sa première révision à la hausse de la note du pays depuis le déclenchement de la crise de la dette en 2010, qui a plongé le pays dans une spirale de récession et de rigueur. Depuis cette date, la Grèce n'avait cessé de voir sa note chuter.

En étant notée B, la Grèce retrouve la catégorie dite "spéculative", celle qui rassemble les émetteurs de dette qui risquent de ne pas honorer leurs échéances (notés de BB+ à C).

Outre la "forte détermination" européenne à garder le pays dans la zone euro, SP invoque aussi à l'appui de sa décision "l'engagement du gouvernement à mener l'ajustement budgétaire et structurel" requis par les bailleurs de fonds du pays.

Prenant aussi en compte cet engagement, encadré par un mécanisme rigide de tutelle européenne pour prévenir tout écart, l'Union européenne a déjà versé 7 milliards d'euros au pays, le reliquat devant être décaissé mercredi, a indiqué un responsable grec.

"Un paiement de 7 milliards d'euros a déjà été effectué lundi, il y aura ensuite 11,3 milliards d'euros qui seront consacrés au rachat de la dette et 16 milliards destinés à recapitaliser les banques grecques", a-t-il ajouté.

Les partenaires européens ont prévu un autre versement de 14,8 milliards d'euros au cours du premier semestre 2013, soit un total de 49,1 milliards, tandis qu'Athènes table aussi sur le déblocage par le Fonds monétaire international de sa propre contribution à cette perfusion, d'un montant de 3,4 milliards.

Un tel feu vert, attendu prochainement, porterait au total à 52,5 milliards les fonds versés au pays d'ici au printemps.

De Washington, le groupement des plus grandes banques mondiales a toutefois mis en garde contre tout optimisme excessif sur une sortie du pays de la crise.

Des risques "importants" continuent de peser sur la situation économique en Grèce, a estimé dans un rapport l'Institut de la finance internationale (IIF), invoquant la poursuite de la récession attendue en 2013 pour la sixième année consécutive et les risques d'instabilité politique au vu de la sévérité de la cure de redressement.

"Avec un PIB qui devrait décliner d'environ 4 à 5% l'année prochaine (...) et une cohésion sociale mise à l'épeuvre par des nouvelles mesures d'austérité, les risques sur le plan d'aide de l'UE et du FMI resteront importants", souligne le rapport.

L'IIF émet aussi des réserves sur la capacité du pays à redevenir solvable, en dépit de l'effacement prévu de 20 milliards d'euros de créances grâce à l'opération de rachat de dette et d'une série de mesures de soutien décidées par la zone euro.

"Les doutes sur la viabilité de la dette persisteront tant que la croissance ne sera pas de retour", mentionne le rapport.