Matricule 728 : trois hommes dans l'attente

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MATRICULE 728
(Archives) | Capture

Deux mois et demi après l'intervention musclée de la policière de Montréal connue comme le matricule 728, le dossier piétine au bureau du procureur. On ne sait toujours pas si l'agente Stéfanie Trudeau devra répondre à des accusations criminelles, tandis que les citoyens arrêtés le 2 octobre ne savent toujours pas s'ils seront formellement accusés.

Difficile d'oublier les images-chocs de l'intervention policière qui a eu lieu sur l'avenue Papineau, à Montréal, en octobre dernier. À l'époque, Serge Lavoie, Simon Pagé et Rudi Ochietti, arrêtés en vertu du règlement municipal interdisant la consommation d'alcool sur la voie publique, ont fait l'objet de plaintes pour voies de fait, entrave au travail des policiers et intimidation.

Puis, les plaintes ont été suspendues, histoire de compléter l'enquête. Mais deux mois plus tard, toujours pas de nouvelles du procureur.

« Notre avocat essaie continuellement d'entrer en contact avec les gens responsables de notre dossier et il éprouve énormément de mal à avoir de la collaboration de ces gens-là », explique Rudy Ochietti.

Serge Lavoie affirme pour sa part que « ça n'a aucun bon sens cette situation-là, on est comme dans un no man's land . On attend quoi? On va passer les fêtes comme ça? ».

Pourquoi l'enquête policière prend-elle autant de temps? Les trois hommes l'ignorent.

« La réponse qu'on a eue, c'est que ça prendrait le temps que ça prendrait et que c'est un cas comme les autres. Je veux bien qu'on soit des citoyens ordinaires, mais cette histoire-là est particulière », estime Serge Lavoie.

Cette situation complique également l'enquête criminelle sur la policière Stéphanie Trudeau, puisque jusqu'ici, aucun des quatre principaux témoins n'a été interrogé par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« Ce que notre avocat nous explique, c'est que tant qu'on a des accusations portées contre nous, on va se soustraire à l'interrogatoire de la police », souligne Rudy Ochietti.

« On meurt d'envie de les aider, mais on se comprend que notre priorité, c'est de se protéger et on ne veut pas se retrouver en prison parce qu'on est malhabile avec les mots dans notre déposition », ajoute Simon Pagé.

Toute cette histoire tourne présentement en rond. D'un côté, la Couronne veut plus d'informations pour décider si elle poursuivra le matricule 728. De l'autre, les principaux témoins refusent de parler aux policiers.

Pour le SPVM, le dossier suit son cours.

En entrevue au Téléjournal Grand Montréal, le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, a déclaré : « Il y a des gens qui ont refusé de nous donner leur version des faits pour l'instant en nous demandant de retirer les charges. À défaut de quoi, ils ne parleraient pas. »

Il a ajouté qu'une vingtaine de témoins avaient été interrogés, que des bandes vidéos avaient été demandées à certains médias et que l'enquête ne piétinait pas.

Avec un reportage de Normand Grondin

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