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18/12/2012 03:26 EST | Actualisé 17/02/2013 05:12 EST

Maroc/budget: le déficit va atteindre 5,6% du PIB fin 2012

Le déficit budgétaire du Maroc va atteindre 5,6% du PIB fin 2012, a indiqué mardi le ministère des Finances, et la poursuite de sa réduction passe par la réforme de la caisse subventionnant les produits pétroliers et de première nécessité, selon Bank Al-Maghrib (Banque centrale).

Le déficit du budget va s'élever à 5,6% à la fin de l'année, contre 6,2% en 2011, a indiqué à l'AFP le ministère de l'Economie et des Finances. Hors recettes de privatisation, de l'ordre de 3,4 milliards de dirhams (485 millions d'euros), on arrive "autour de 6%" (6,9% l'an dernier), selon la même source.

Dans une conférence de presse, le gouverneur de la Banque centrale, Abdellatif Jouahri, a lui-même évoqué ce chiffre de 6%. Il a surtout relevé le montant des dépenses liées à la caisse de compensation: "près de 55 milliards de dirhams" (4,9 mds d'euros), contre 32 mds de dirhams (2,86 mds d'euros) prévus dans le budget 2012. Cela "pèse nécessairement" sur le déficit.

La Caisse de compensation (publique) assure la subvention des produits de première nécessité ainsi que des produits pétroliers. En 2002, elle ne s'élevait qu'à 4 mds de dirhams. Dans le budget 2013, son montant est estimé à 40 mds de dirhams.

Afin de limiter l'explosion de son coût pour 2012, le gouvernement islamiste avait annoncé en juin une hausse de 20% des prix de l'essence (10% du gazole).

Parallèlement, il s'est lancée dans une délicate réforme qui doit permettre de réduire ce coût en ciblant les populations défavorisées.

"On projette qu'elle va intervenir en 2013 mais rien n'est arrêté en terme de calendrier", a déclaré à l'AFP le ministre du Budget, Driss El-Azami.

"Il faut réformer cette caisse de compensation. C'est une réforme difficile du point de vue politique", a souligné M. Jouahri.

Il a noté que le Maroc devait faire un effort budgétaire de "six à huit milliards annuels" pour diminuer son déficit de 1% par an et atteindre les 3% d'ici 2016, comme il s'y est engagé.

Le projet de budget prévoit de revenir à un déficit de 4,8% dès 2013.

Le gouverneur a réaffirmé que la croissance de l'économie ne dépasserait pas les 3% cette année, avant de rebondir l'an prochain, entre 4 et 5%.

Après 1,2% en 2012, l'inflation devrait rester mesurée en 2013 (1,7%), a poursuivi M. Jouahri, ajoutant que Bank al-Maghrib maintenait son taux directeur inchangé, à 3%.

gk/tp

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