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18/12/2012 06:58 EST | Actualisé 17/02/2013 05:12 EST

Les initiatives se multiplient pour règlementer les armes aux Etats-Unis

Propositions de lois, pétitions et appels à un "dialogue national": les initiatives pour règlementer plus strictement les armes à feu se multiplient comme jamais vu auparavant aux Etats-Unis, après le choc de la tuerie de Newtown, dans le Connecticut (nord-est).

Les familles des victimes de ces fusillades meurtrières qui endeuillent régulièrement les Etats-Unis étaient mardi les dernières personnes en date à monter au créneau, en se rassemblant aux pieds du Congrès à Washington pour dire aux élus "d'arrêter ce bain de sang".

Une trentaine de personnes dont, qui une fille, un petit ami ou une épouse sont mortes dans des fusillades à Virginia Tech (32 morts), Aurora (12 morts), Columbine (12 morts) ou d'autres moins connues en Illinois, Californie ou à New York, ont demandé aux élus, dans une lettre ouverte, "une action rapide".

La lettre qui demande des "solutions notables" sans les détailler, est adressée également à la Maison Blanche, à l'initiative de l'association en faveur de lois plus strictes, Brady Campaign to Prevent Gun Violence.

"La loi sur les armes doit changer immédiatement", a indiqué lors d'une conférence de presse le président de cette association Dan Gross.

"Evidemment pas toute, mais quand même une grande partie de la violence générée par les armes dans notre pays pourrait être empêchée si le Congrès prenait des mesures simples pour arrêter d'armer les gens dangereux", a-t-il ajouté.

Tout en indiquant qu'il ne remettait pas en question le 2e amendement de la Constitution qui donne le droit de porter des armes, "nous devons avoir un débat national pour trouver des solutions", a-t-il poursuivi.

Les familles des victimes ont appellé à signer leur texte sur wearebetterthanthis.org, la dernière en date de toute une série de pétitions qui font florès depuis la tuerie de Newtown.

Sur SignOn.org, pas moins de trois pétitions signées à des dizaines de milliers d'exemplaires appellent les élus à légiférer, comme "Contrôle des Armes. Maintenant", signée par près de 375.000 personnes.

"Columbine. Red Lake, Minnesota. Essex, Vermont. Lancaster. Aurora. Virginia Tech... Pour n'en citer que quelques unes. Combien d'innocents de plus doivent mourir à cause d'un amendement vieillot et mal interprété?", dit le texte.

Une autre s'adresse au puissant lobby des armes qu'est la NRA (National Rifle Association) en même temps qu'aux élus notamment républicains pour qu'ils "arrêtent de bloquer une réglementation de bon sens contrôlant les armes".

Des élus ont pris les devants. La sénatrice démocrate Dianne Feinstein a annoncé lundi une proposition de loi, qui sera présentée le 3 janvier, selon laquelle la vente, le transfert, la fabrication et l'importation d'une centaine de modèles d'armes d'assaut seraient interdits, incluant fusils et pistolets semi-automatiques.

Le président Barack Obama a fait savoir mardi qu'il soutenait "activement" la proposition.

Les partisans du contrôle des armes étaient heureux également de voir un changement de mentalité parmi certains élus.

Ainsi, mardi, le gouverneur républicain du Michigan Rick Snyder a opposé son veto à une loi permettant de détenir une arme sur soi, cachée, dans les églises, les écoles et les crèches.

La veille, deux sénateurs démocrates proches de la NRA, Mark Warner et Joe Manchin, ont appelé au débat. Il est "temps que cesse cette violence", a déclaré lundi M. Warner sur CBS.

Mais les partisans du droit à porter des armes ne baissent pas les bras. Si la NRA a finalement exprimé sa tristesse dans un communiqué mardi, le gouverneur du Texas Rick Perry a affirmé de son côté qu'il soutenait le droit pour les instituteurs de porter leur arme s'ils ont un permis.

Pour Dan Gross, le président de la Brady Campaign, la proposition est "démente". A chaque événement tragique, a-t-il dit mardi en prenant les familles de victimes à témoin, "ce cas de figure aurait conduit à un carnage".

ff/lor

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