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18/12/2012 12:40 EST | Actualisé 17/02/2013 05:12 EST

Le patron d'une TV tunisienne emprisonné en grève de la faim (avocat)

Le patron de la chaîne tunisienne Ettounsiya TV, Sami Fehri, a cessé mardi de s'alimenter en prison pour obtenir sa libération, selon son avocat dans ce dossier rocambolesque où le gouvernement est accusé de pressions sur la Justice et d'atteinte à la liberté d'expression.

"C'est une grève de la faim sauvage, c'est-à-dire qu'il s'interdit de manger et de boire, même de l'eau", a expliqué à l'AFP Me Abdelaziz Essid.

M. Fehri, en prison depuis fin août dans le cadre d'une affaire de corruption remontant à l'époque du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, réclame la mise en oeuvre d'un arrêt de la Cour de cassation fin novembre ordonnant sa libération.

Ses avocats ont demandé l'annulation du placement de M. Fehri en détention provisoire en raison de graves vices de procédure et la Cour de cassation leur a donné raison.

Le parquet a cependant empêché à deux reprises sa remise en liberté.

"Le ministère public et le ministre de la Justice (Noureddine Bhiri) refusent d'appliquer cet arrêt, sans aucun fondement légal", selon l'avocat.

Selon le conseiller du ministre, Fadhel Saihi, l'arrêt de la Cour de cassation "manque de clarté" et le parquet n'a "pas droit à l'interprétation" pour l'exécuter.

L'affaire a été renvoyée devant la chambre d'accusation qui doit siéger le 3 janvier.

M. Fehri est poursuivi pour des préjudices financiers causés à la télévision nationale tunisienne et risque 10 ans de prison.

Cette affaire a fait scandale car, quelques jours avant son arrestation, M. Fehri avait fait cesser la diffusion d'une émission de satire politique de Guignols à la suite de pressions de responsables du parti islamiste Ennahda qui dirige le gouvernement.

Sami Fehri a fondé la chaîne en mars 2011, quelques mois après la révolution tunisienne. Avant ces événements, il était associé au sein d'une société de production, Cactus Prod, à l'homme d'affaires Belhassen Trabelsi, un beau-frère de Ben Ali réfugié au Canada.

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