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18/12/2012 10:40 EST | Actualisé 17/02/2013 05:12 EST

La Syrie adopte un budget marqué par une chute vertigineuse des recettes

Le Parlement syrien a adopté mardi un budget de crise marqué par une hausse des dépenses courantes, une chute vertigineuse des recettes et un doublement du déficit, a indiqué l'agence officielle Sana.

Dans la loi de finances 2013, les dépenses augmenteront de 4,3% mais en valeur réelle, elles diminueront en raison de l'inflation de 36% et de la chute de la monnaie face au dollar.

Le budget doit désormais être approuvé par le président syrien Bachar al-Assad, dont le régime est secoué depuis mars 2011 par une révolte populaire devenue conflit armé, qui a fait plus de 43.000 morts.

Les députés, réunis sous la présidence de Mohammad Laham, ont souligné l'importance de la promulgation du budget "dans les conditions difficiles que traverse le pays", et "la nécessité pour le gouvernement et le Conseil du peuple de travailler comme une seule équipe afin d'assurer les besoins essentiels des citoyens", a indiqué Sana.

Les dépenses seront de 1.383 milliards de livres syriennes (LS) contre 1.326 en 2012. En dollars, le budget des dépenses s'élèvera à 23,05 milliards d'USD avec un taux de référence fixé à 60 LS pour un dollar, contre 24,29 milliards d'USD en 2012 mais avec un taux de 54,59 LS pour un dollar.

En réalité, aujourd'hui le billet vert s'échange au taux officiel à 74 LS et à 94 LS au marché parallèle.

Dans le budget 2013, les dépenses (hors investissement), auxquelles ont été intégrées les subventions pour les produits énergétiques ont augmenté de 16% alors que les dépenses d'investissement ont baissé de 26%.

Le montant des dépenses consacrées aux salaires et aux retraites des fonctionnaires augmentera de 11% et l'Etat entend créer 36.000 emplois supplémentaires dans la fonction publique.

Les subventions connaîtront un accroissement de 24,6% avec 147 milliards de LS pour les carburants, 250 milliards de LS pour l'électricité et 77 milliards pour les produits de première nécessité comme le sucre, le riz et la farine.

En revanche, les revenus vont connaître une chute de plus de 35% en passant de 991 milliards de LS à 638 milliards. La diminution de la collecte d'impôts car de larges portions de territoire échappent aux autorités et la chute des exportations et des droits de douanes expliquent cette chute.

Ceci va entraîner un doublement du déficit par rapport à 2012 puisqu'il passera de 335 milliards de LS à 745 milliards en 2013, soit 53% du budget.

La loi de finances prévoit une production de pétrole à 224.000 b/j et gaz de 28,5 millions de m3 par jour.

rm/sk/sw/az

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