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18/12/2012 06:13 EST | Actualisé 17/02/2013 05:12 EST

Des républicains se disent prêts à débattre du contrôle des armes aux États-Unis

WASHINGTON - Certains républicains américains se disent maintenant prêts à discuter du contrôle des armes à feu, des questions de santé mentale et des jeux vidéo violents, tandis que le président Barack Obama a indiqué mardi qu'il soutenait les efforts du Congrès pour interdire les armes d'assaut, dans la foulée de la fusillade de vendredi dernier dans une école du Connecticut, qui a fait 26 morts, dont 20 enfants.

La National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes aux États-Unis, a rompu son silence quatre jours après le massacre de Newtown. Dans un communiqué, l'organisation affirme que ses membres sont «choqués, attristés et ont le coeur brisé par les nouvelles de ces meurtres horrifiants et insensés».

La NRA a indiqué qu'elle voulait donner aux proches des victimes le temps de vivre leur deuil avant de faire des déclarations sur la tragédie. La NRA a promis d'«aider à s'assurer que cela n'arrive plus jamais» et a convoqué une conférence de presse vendredi.

Les républicains de la Chambre des représentants ont discuté du dossier des armes à feu lors de leur réunion à huis clos mardi, et certains d'entre eux se sont dits prêts à envisager un renforcement du contrôle des armes dans le cadre d'une solution visant à empêcher la répétition de telles tragédies.

La fusillade à l'école primaire Sandy Hook de Newtown, l'un des pires massacres de l'histoire des États-Unis, a relancé le débat sur le contrôle des armes à feu dans le pays.

Le dossier soulevait les passions au début des années 1990, quand le Congrès avait adopté une interdiction des armes d'assaut valable pendant 10 ans. Mais depuis l'expiration du moratoire, en 2004, les Américains sont moins nombreux à vouloir un durcissement des lois sur les armes, tandis que les politiciens ne veulent pas devenir les cibles des puissants groupes de pression favorables aux armes.

Le président Obama a appelé à des «actions plus fermes» et a rencontré les membres de son cabinet lundi pour discuter des mesures à envisager. Il soutient depuis longtemps le rétablissement du moratoire sur les armes d'assaut, mais il a peu parlé de ce dossier durant son premier mandat. M. Obama a déjà dit qu'il respectait le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis, qui garantit aux Américains le droit individuel de porter des armes.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a indiqué mardi que M. Obama soutiendrait aussi un projet de loi qui mettrait un terme à la dérogation permettant aux consommateurs d'acheter des armes sans vérification de leur passé lors des foires d'amateurs d'armes à feu.

Le président ne devrait pas entreprendre d'action formelle sur le contrôle des armes d'ici la fin de l'année, puisqu'il consacre toutes ses énergies à conclure un accord avec les républicains pour éviter le «précipice fiscal», et à choisir les nouveaux membres de son cabinet.

«Mettons les armes sur la table, mettons les jeux vidéo sur la table, mettons la santé mentale sur la table», a déclaré le représentant Jack Kingston après le caucus républicain de mardi. Mais il a estimé que le débat ne devait pas être précipité.

«Il y a un temps pour le deuil et un temps pour s'occuper du dossier», a-t-il dit.

Le sénateur républicain Charles Grassley avait affirmé lundi que le débat devrait inclure les armes à feu et la santé mentale. Le sénateur démocrate Joe Manchin, membre à vie de la NRA, a déclaré qu'il était temps d'entamer une discussion honnête sur le contrôle des armes à feu, et indiqué qu'il n'avait pas peur des conséquences politiques que cela pourrait avoir.

Il est encore trop tôt pour dire ce qui pourrait émerger du Congrès l'an prochain, mais ces commentaires sont significatifs et laissent présager d'une volonté d'agir pour mieux contrôler les armes.

Au niveau local, le gouverneur du Michigan, le républicain Rick Snyder, a opposé son veto mardi à un projet de loi qui aurait permis le port d'armes dissimulées dans les églises, les écoles et les garderies. Le gouverneur avait indiqué à l'Associated Press lundi qu'il examinait le projet de loi à la lumière du massacre au Connecticut.

La conférence des maires des États-Unis a par ailleurs écrit au président Obama et au Congrès pour réclamer «des lois plus fermes sur les armes à feu, un renversement de la culture de la violence, une commission pour examiner la violence dans le pays et un financement plus adéquat du système de santé mentale». Les maires exigent notamment l'interdiction des fusils d'assaut.

Un sondage Washington Post/ABC mené le week-end dernier montre que 54 pour cent des Américains sont favorables à un renforcement des lois sur les armes à feu, comparativement à 51 pour cent l'année dernière.

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