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18/12/2012 10:33 EST | Actualisé 17/02/2013 05:12 EST

« Super mardi » : grève de milliers d'enseignants

Les enseignants du primaire du plus gros conseil scolaire au pays, celui de Toronto, ainsi que de sept autres conseils publics anglais vont débrayer mardi pour la journée, privant de cours près de 400 000 élèves.

Il s'agit du plus gros débrayage depuis le début, il y a un peu plus d'une semaine, des grèves tournantes des enseignants des écoles primaires publiques anglaises de la province. Leur syndicat, la Fédération des enseignants de l'élémentaire (FEEO), a surnommé la journée « super mardi ».

Au total, plus de 35 000 enseignants doivent participer à ces moyens de pression pour dénoncer la loi 115. Cette loi spéciale prévoit, faute d'une entente négociée le 31 décembre, l'imposition d'un gel salarial de deux ans, une réduction des congés de maladie et des jours de perfectionnement non payés. Par ailleurs, la loi donne à la province le pouvoir de tuer dans l'oeuf toute grève.

Le premier ministre Dalton McGuinty a incité à nouveau, mardi, les enseignants à retourner à la table des négociations.

Après avoir promis que l'année scolaire ne serait perturbée par aucun débrayage, la ministre de l'Éducation, Laurel Broten, a décidé de permettre des grèves tournantes d'un jour. Elle menace de se servir de la loi spéciale, si les débrayages s'étendent sur plus d'une journée par conseil scolaire.

La ministre Broten répète que la province doit limiter ses dépenses, alors qu'elle fait face à un déficit de 14,4 milliards de dollars.

Mardi, les enseignants doivent piqueter devant différentes écoles, mais aussi devant les bureaux du ministère de l'Éducation à Toronto et de différents candidats à la succession du premier ministre McGuinty. Nombre des candidats en lice dans la course à la direction du Parti libéral de l'Ontario ont critiqué la ligne dure adoptée par M. McGuinty à l'endroit des enseignants, lui qui s'était pourtant fait élire en 2003 en promettant de ramener la bonne entente dans les écoles.

Grève en janvier?

Des syndicats d'enseignants contestent la constitutionnalité de la loi 115 devant les tribunaux.

Entretemps, le président de la FEEO, Sam Hammond, demande à la province de ne pas imposer des concessions salariales aux enseignants le 31 décembre, contrairement à ce que prévoit la loi 115. Le leader syndical laisse entendre que ses membres pourraient poursuivre leurs grèves tournantes en janvier, si la ministre Broten se sert de la loi spéciale pour leur imposer une convention collective.

La ministre de l'Éducation répond que de telles grèves seraient illégales.

De leur côté, les enseignants des écoles publiques anglaises du secondaire font la grève du zèle et boycottent notamment les activités parascolaires après les heures de classe. Les syndiqués votent également cette semaine sur la possibilité d'un débrayage panprovincial d'un jour à une date indéterminée en 2013.

Pour leur part, les écoles catholiques et françaises de la province ne sont pas touchés par ces moyens de pression, étant donné que leurs enseignants ont déjà ratifié une nouvelle convention collective avec la province.

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