QUEBEC - Les jeux sont faits: trois candidats se feront la lutte d'ici à la mi-mars pour succéder à Jean Charest et tenter de reconduire le Parti libéral du Québec (PLQ) au pouvoir à la prochaine élection.

Les aspirants au leadership libéral avaient jusqu'à midi vendredi pour présenter leur déclaration de mise en candidature.

Philippe Couillard, médecin et ancien ministre de la Santé, est donné favori pour l'emporter contre ses deux adversaires: l'ancien ministre des Finances et député d'Outremont Raymond Bachand et le député de Châteauguay et ex-ministre des Transports, Pierre Moreau.

L'actualité ayant été fertile ces derniers mois avec la Commission Charbonneau et les tribulations du gouvernement de Pauline Marois, la campagne au leadership du PLQ est largement passée «sous le radar» jusqu'ici.

Les choses devraient changer le mois prochain avec la tenue de cinq débats (quatre en français et un en anglais) les 13, 20, 26 et 27 janvier ainsi que le 3 février.

Au terme de la série de débats, entre le 4 février et le 10 mars, chacune des 125 associations de circonscription devra choisir ses 24 délégués pour le congrès des 16 et 17 mars.

Personnalité la plus charismatique inscrite dans la campagne, M. Couillard tente de revenir en politique active par la grande porte. L'ex-ministre ratisse large dans les régions et est perçu par de nombreux militants comme le leader le plus susceptible de reporter le PLQ au pouvoir après l'intermède péquiste minoritaire.

S'il est élu à la tête du parti libéral, M. Couillard tiendra un congrès extraordinaire d'orientation du parti pour «un grand brassage d'idées».

Alors que M. Couillard est vu comme le candidat du «peuple», M. Bachand est considéré comme l'homme de l'establishment du parti. L'ancien ministre des Finances a ni la prestance, ni l'éloquence de M. Couillard mais il a une solide feuille de route en matière économique et financière.

Le député d'Outremont recueille l'essentiel de ses appuis dans les régions de Montréal et Laval mais serait en remontée, dit-on, dans la région de Québec. L'incertitude économique pourrait être de nature à rehausser sa cote auprès des délégués.

M. Bachand s'attend à ce qu'aucun des trois candidats en lice ne l'emporte au premier tour et pense pouvoir se faufiler en tête à l'issue du deuxième tour, le 17 mars, jour du vote.

Quant à lui, lM. Moreau fait figure de négligé dans cette campagne mais pourrait bien jouer le rôle crucial de «kingmaker» advenant la tenue d'un deuxième tour de scrutin.

L'avocat de formation mène une campagne discrète et jouit de l'appui de bon nombre de députés. Âgé de 55 ans, M. Moreau se présente comme le candidat de la jeunesse, un choix qui peut apparaître judicieux puisque que le PLQ réserve le tiers des votes aux jeunes de moins de 26 ans.

M. Moreau se fait aussi le défenseur de la langue française, un sujet délicat encore aujourd'hui chez les libéraux.

Pour se porter candidat, M. Couillard, M. Bachand et M. Moreau ont dû recueillir la signature de 500 membres du PLQ provenant d’au moins 50 comtés et de 10 régions. Ils devaient aussi effectuer un dépôt de sécurité de 50 000 $.

En vertu du règlement en vigueur, les dépenses électorales de chaque équipe sont plafonnées à 600 000 $.

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