L’Accueil Bonneau a été le théâtre de beaucoup d’émotions, jeudi matin, alors que Maestro Kent Nagano est allé visiter l’endroit et saluer les clients, les bénévoles et les employés du refuge, qui œuvre auprès des itinérants de la métropole depuis maintenant 135 ans.

Le chef de l’Orchestre symphonique de Montréal avait entamé l’exploration des différents locaux de l’Accueil Bonneau depuis un bon moment lorsque les médias ont fait leur entrée, vers 8h30. Avec beaucoup d’attention, l’invité de marque a écouté les gestionnaires raconter l’histoire et la mission du gîte, qui a pignon sur la rue de la Commune, près du Vieux-Port. Puis, il s’est dirigé vers la cafétéria, où l’attendaient ceux qu’on surnomme affectueusement « les gars » (les bénéficiaires de l’Accueil).

Avant que ne s’enclenche le service du déjeuner – Kent Nagano, avec toute la classe et la générosité qu’on lui connaît, a même pris le temps de distribuer des assiettes aux hommes -, le directeur général de l’Accueil Bonneau, Monsieur Aubin Boudreau, a pris la parole pour remercier le maître musicien de sa présence et introduire la chorale de l’institution, qui avait préparé un numéro spécial de trois chansons pour l’occasion. Visiblement honorés et nerveux, les membres du chœur étaient tous vêtus d’un tablier, symbole du partage et de l’entraide qui règnent entre les murs de l’établissement. On a ensuite offert à Maestro une toile intitulée Au soleil levant, réalisée par «les gars» au cours d’une activité artistique collective et signée par tous les chanteurs de l’ensemble musical.

« J’avais déjà beaucoup d’admiration et de respect pour tout ce qu’on fait ici, mais je ne m’attendais pas à être touché par un tel sentiment d’espoir, a souligné Kent Nagano, quelques minutes avant de quitter l’Accueil, au terme de sa visite. C’est profondément émouvant. C’est parfois difficile de communiquer avec les mots; alors, la musique et les arts visuels constituent une autre piste vers la communication et le contact. On oublie de temps en temps que la musique est la façon la plus fondamentale de communiquer entre les êtres humains. Souvent, on dit que la musique est une langue internationale, parce qu’elle n’a pas de frontières. »

« Je voudrais souhaiter à ces hommes un bon courage, mais surtout les remercier d’avoir su me toucher, ce matin, a poursuivi le chef. Je ne m’attendais pas à une telle expression de joie et d’espoir. Je n’étais pas prêt à ça. Ça m’a touché de manière bouleversante. »

Un besoin essentiel

Fondé en 1877, l’Accueil Bonneau offre toute une gamme de services essentiels visant à venir en aide aux personnes en situation ou à risque d’itinérance et à favoriser leur réinsertion sociale. Quelque 225 bénévoles y donnent quotidiennement de leur temps, en plus des médecins, coiffeurs et autres spécialistes qui prennent soin des bénéficiaires.

Le personnel valorise l’art comme moyen de communication avec les démunis, qui sont parfois réfractaires aux solutions qui leur sont proposées. C’est pourquoi un studio a été aménagé sur place pour la mise sur pied d’ateliers de musique et de peinture. Un nouveau projet, baptisé Trait d’union, permettra au grand public d’apprécier, en 2013, des œuvres visuelles conçues par les hommes au cours des derniers mois.

On a expliqué, jeudi, que les gens qui se rendent à l’Accueil Bonneau – certaines femmes vont y prendre des repas, mais ce sont surtout les hommes qui y a sont les plus nombreux – avaient, pour la plupart, jadis eu des emplois et des familles, mais que des enfances difficiles, souvent marquées par le passage d’une famille d’accueil à l’autre, les avaient contraints à un destin laborieux. On a insisté à plusieurs reprises sur le courage dont ces êtres doivent faire preuve pour franchir la porte de l’Accueil et oser demander de l’aide.

Pour en savoir plus sur la mission de l’Accueil Bonneau ou pour faire un don (l’organisme compte sur un budget annuel de 3 millions et demi de dollars, composé principalement de dons privés) consultez le www.accueilbonneau.com.

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