La carte OPUS de la Société de transport de Montréal (STM), mise en place il y a quatre ans, a déjà coûté près de 174 millions$ aux contribuables. La STM est toutefois incapable de chiffrer précisément les économies réalisées grâce à la petite carte à puce destinée à contrer la fraude sur son réseau. Une lacune qui devrait être corrigée en 2013.

La STM a dépensé 173,8 millions$ depuis le printemps 2008 pour la mise en place et le fonctionnement de la carte OPUS, a appris Le Huffington Post Québec grâce à une demande d'accès à l'information. La carte à puce et le nouveau système de perception ont été déployés de façon progressive entre avril 2008 et mars 2010 sur le territoire de la société de transport montréalaise.

Toutefois, la STM ne détient aucun document sur la fraude liée aux cartes OPUS, nous apprend la même demande d'accès. L'évaluation la plus généreuse des économies réalisées depuis quatre ans s'élève à 60 millions$. Ainsi, il faudra attendre plus de 11 ans avant que la carte OPUS soit profitable, selon les chiffres disponibles. «C'est ce que nous avions prévu depuis le début, soutient la porte-parole de la STM Odile Paradis. Nous avons toujours dit que c'est un système qui finira par s'autofinancer.» Il faudra toutefois ajouter à cette facture des coûts pour l'entretien et le remplacement des machines de perception.

Quelles économies?

La STM affirme que la carte OPUS lui permet d'économiser entre 10 et 15 millions$ annuellement en réduisant le nombre de passages impayés, notamment. La porte-parole de la STM explique toutefois qu'aucune étude n'a été réalisée à ce jour afin de chiffrer les économies qui découlent du nouveau système. «Nous nous sommes basés sur les évaluations de fraudes des autres sociétés de transport pour évaluer qu'environ 5% des usagers ne payaient pas leur passage avant l'arrivée de la carte OPUS», Odile Paradis. Puisque les revenus de la STM s'élevaient à plus de 400 millions$ en 2008, la société estime qu'elle récupère une partie des 20 millions$ qui étaient perdus en fraude.

Afin d'obtenir un portrait plus précis des cas de passages impayés, la STM procédera l'an prochain à une vaste étude sur l'ensemble de son réseau. Bien que les inspecteurs multiplient les vérifications à la sortie des métros et des autobus, la STM ne compile aucune statistique à ce sujet. «Notre étude se fera avec un échantillonnage étalé sur les diverses périodes de la journée pour avoir un portrait global du réseau», dit Odile Paradis. Les résultats de cette étude seront disponibles au courant de l'année 2013.

En plus des économies pécuniaires, Odile Paradis ajoute que la STM devait rafraîchir son système de perception, dont certaines boîtes dataient du début du 20e siècle. «Notre système était obsolète, dit-elle. Dans les autobus, nous n'avions aucun moyen de savoir quel montant les gens déposaient dans les boîtes de perception.» À cela s'ajoutaient les nombreux titres de transport qui compliquaient la tâche des usagers et des guichetiers, en plus d'utiliser une grande quantité de carton.

Des clients satisfaits, dit la STM

Par ailleurs, les chiffres de la STM brossent le portrait d'une clientèle relativement satisfaite du nouveau système de perception. Odile Paradis affirme que le taux de satisfaction pour la carte OPUS atteint 90%. Pour l'année 2012, la société a reçu 223 plaintes liées à la carte OPUS en date du 4 octobre. En 2011, la société avait enregistré 306 plaintes pour une année complète.

La majorité des plaintes pour les deux années portaient sur les problèmes de chargement de la carte dans les distributrices automatiques de titres (DAT), de même que sur le nouveau système de perception. La STM a enregistré 96 plaintes liées au DAT en 2011, contre 66 pour les neuf premiers mois de 2012. Le système de perception, lui, a été l'objet de 81 plaintes en 2011, contre 79 cette année en date du mois d'octobre.

Un sondage sur la satisfaction générale de la clientèle de la STM fait état d'un taux d'approbation de 89% des usagers en 2011. Cette année, ce taux se situe à 88% en date d'août dernier.

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  • Le ministre des Transports, Pierre Moreau

  • Le président de la STM, Michel Labrecque