UKRAINE - C'est en passe de devenir une habitude du Parlement ukrainien. Ce mercredi 12 décembre, une nouvelle bagarre a éclaté au sein de l'hémicycle. Elle a opposé des députés de l'opposition qui reprochent à deux de leurs confrères d'avoir faire défection pour rejoindre les forces pro-gouvernementales au Parlement. Plusieurs parlementaires du mouvement d'opposition Svoboda ont ainsi chassé les deux "traîtres", un père et son fils, de l'assemblée pour les empêcher de prêter serment avec les autres députés à l'ouverture de la première session de la nouvelle législature.

Regardez les premières images de la bagarre par Channel5ITV

Ces heurts interviennent alors que le Parlement ukrainien doit se prononcer dans la journée sur la reconduction au poste de Premier ministre de Mykola Azarov, un bureaucrate fidèle au président Viktor Ianoukovitch qui a démissionné début décembre avec tout son gouvernement. À l'époque, il avait expliqué sa décision par son élection à un mandat de député aux législatives du 28 octobre, remportées par le Parti des régions de M. Ianoukovitch, dont M. Azarov était tête de liste.

Les Femen seins nus devant le Parlement

Quelques minutes avant, plusieurs militantes du mouvement Femen avaient manifesté seins nus contre la corruption des députés devant le Parlement ukrainien à Kiev. Quatre jeunes femmes du mouvement féministe ont enjambé la clôture de la Verkhovna Rada (le Parlement monocaméral d'Ukraine) avant d'enlever leurs vêtements pour manifester devant l'entrée principale en petite culotte et chaussettes noires, malgré une température proche de zéro degré, comme l'a constaté un photographe de l'AFP.

Regardez la manifestation des Femen, par Francetvinfo

Une habitude ukrainienne

Ce n'est pas la première fois que le Parlement ukrainien est le théâtre de tels débordements. En décembre 2010 déjà, une rixe avait éclaté entre les députés de l'opposition et les élus du BYuT, le parti de l'ex-premier ministre d'alors Ioula Timochenko. Cinq députés avaient même terminés à l'hôpital.

Cette année encore, au mois de mai, plusieurs parlementaires en étaient venus aux mains au moment de voter un texte controversé visant à faire du russe la deuxième langue officielle du pays. Une impressionnante foire d'empoigne de plusieurs minutes avait alors envoyé un député aux soins et contraint le président de l'Assemblée à reporter le vote.

Voila qui ne devrait pas trop dépayser le champion du monde de boxe Vitali Klitschko, entré au Parlement au sein du parti du d'opposition depuis les législatives du 28 octobre dernier.