TORONTO - La LNH et l'Association des joueurs vont reprendre les négociations, mercredi, dans un endroit secret. Et ils auront de la compagnie.

Les médiateurs fédéraux américains Scot L. Beckenbaugh et John Sweeney seront de nouveau de la partie. Ces personnes ont rencontré la ligue et les dirigeants syndicaux pour la première fois les 27 et 28 novembre, avant de déterminer qu'ils ne pouvaient faire progresser les pourparlers.

Il s'agira de la première rencontre depuis que les deux parties ont échangé des mots durs, la semaine dernière, après que les discussions eurent tourné au vinaigre.

Avant ces esclandres, la LNH et l'AJLNH avaient semblé faire des progrès au cours de trois journées de réunions qui ont mené à un échange de propositions.

Pour sa part, l'AJLNH a continué de militer en faveur de la médiation au cours du dernier week-end, et la LNH a finalement accepté, même si le commissaire adjoint Bill Daly a reconnu mardi qu'il n'avait «aucune attente» en participant à la prochaine séance de négociations.

Certains progrès ont été enregistrés la semaine dernière lorsque les propriétaires et les joueurs se sont rencontrés directement — le commissaire Gary Bettman et le directeur exécutif de l'AJLNH Donald Fehr ont été gardés à l'écart —, même si les pourparlers se sont rompus de façon spectaculaire peu de temps après que Fehr eut rencontré les membres des médias jeudi soir pour annoncer que des ententes étaient intervenues sur plusieurs enjeux majeurs.

Même si la ligue a éventuellement rejeté l'offre du syndicat et retiré la sienne de la table, le dirigeant de l'AJLNH a réitéré ses commentaires lorsqu'il a rencontré les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) à Toronto, durant le week-end.

La médiation a été utilisée sans succès par la NFL et la NBA lors des derniers conflits de travail. Le Service fédéral de médiation et de conciliation, sous la supervision de Beckenbaugh, a aussi été impliqué dans le lock-out qui a entraîné l'annulation de la saison 2004-05.

Dès la semaine dernière, Bettman a indiqué qu'il n'estimait pas que les médiateurs puissent rétablir les ponts entre les parties.

«Nous ne sommes pas intéressés par la médiation, a-t-il dit jeudi. Nous avons tenté l'expérience il y a une dizaine de jours. Ça n'a rien donné en raison des positions des parties. Lorsque les médiateurs ont indiqué qu'ils n'étaient pas disponibles cette semaine, nous avons décidé de prendre le processus de médiation en main afin de faire progresser les choses, à la limite de nos capacités.

«C'est une question intéressante, parce que si nous étions si près (d'une entente), alors pourquoi fallait-il la médiation?»

Du point de vue de la ligue, les trois principaux enjeux sont toujours au coeur des négociations: la durée de la convention collective, les règles régissant la longueur maximale des contrats, et les critères de transition afin d'aider les équipes à glisser sous le plafond salarial.

Il existe toujours de nombreux enjeux secondaires à régler, dont la participation des joueurs de la LNH aux Jeux olympiques, le calendrier international et les règles entourant les tests antidopages.

La journée de mardi était la 87e du lock-out déclenché par la ligue. Tandis que la fenêtre pour préserver la saison se referme progressivement, il y a de l'espoir pour que les deux parties travaillent de nouveau ensemble afin de régler leurs différends.

«C'est bien qu'elles se parlent et j'espère que quelque chose va ressortir», a dit le capitaine des Penguins de Pittsburgh Sidney Crosby au quotidien 'Pittsburgh Post-Gazette' mardi.