MONTRÉAL - Les 2500 ambulanciers syndiqués à la CSN se sont dotés d'un mandat de grève générale qui pourrait être exercé à compter du 24 décembre.

La grève générale, dans leur cas, consiste surtout en des moyens de pression qui toucheront les employeurs, pas les patients, puisque les transports urgents par ambulance et les transports entre établissements de santé sont considérés comme des services essentiels et doivent donc être effectués en tout temps.

Le Syndicat du préhospitalier CSN a déjà fait approuver sa liste de services essentiels à maintenir par le Conseil des services essentiels et compte bien s'en tenir à celle-ci, a-t-il assuré, mardi, lors d'une conférence de presse à Montréal.

Entre-temps, les syndiqués exercent déjà des moyens de pression administratifs, comme le refus de prendre des stagiaires avec eux, le refus de raccompagner à l'hôpital les escortes de patients et la rédaction de rapports à l'encre verte, ce qui empêche de numériser le document.

Réjean Leclerc, du comité de négociation, prévient aussi que ses membres vont «être visibles» et «présents dans les bureaux des employeurs» pour faire pression sur eux.

Il espère néanmoins d'autres rencontres de négociation avec les associations d'employeurs et le ministère de la Santé et des Services sociaux, ce dernier étant responsable des clauses monétaires.

D'autre part, il n'est pas question de nouveau débrayage pour les 1200 ambulanciers syndiqués à la FTQ, qui avaient fait la grève durant un mois, l'été dernier. Ils avaient conclu une entente de principe avec les associations d'employeurs, mais celle-ci avait été rejetée par les membres _ comme c'est d'ailleurs le cas à la CSN.

En entrevue, le président de la Fraternité des travailleurs du préhospitalier, section locale 592 (FTQ), Benoît Cowell, a dit avoir bon espoir de conclure une entente de principe avec les employeurs d'ici les Fêtes. «Ça fait deux semaines qu'on se parle», a-t-il précisé.

Les principales clauses en litige ont trait à l'échelle salariale, qui compte pas moins de 16 échelons, et que le syndicat veut voir réduite.

Les autres points en litige sont le régime de retraite, les heures supplémentaires et la réintégration de trois employés qui avaient été congédiés à la suite d'un débrayage spontané.

Les ambulanciers de la CSN, de leur côté, ont sensiblement les mêmes points en litige, soit une réduction du nombre d'échelons de l'échelle salariale et le régime de retraite, auxquels il faut cette fois ajouter les périodes de probation et l'abolition de certains frais chargés par l'employeur aux ambulanciers.

La CSN et la FTQ représentent la plus grande partie des 4000 ambulanciers du Québec.

Ministre aux ressources limitées

De passage à Saint-Charles-Borromée, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, s'est dit prêt à s'asseoir de nouveau avec les syndicats d'ambulanciers, mais a rappelé que le ministère avait déjà conclu une entente avec les représentants syndicaux, avant que les membres rejettent ces ententes de principe lors d'assemblées générales.

Mais le gouvernement ne semble pas prêt à mettre davantage d'argent sur la table. «Les ressources financières du gouvernement sont limitées; ma marge de manoeuvre est extrêmement limitée», a-t-il commenté.

Il s'est dit ouvert à «aménager les ententes que nous avions» pour les rendre plus acceptables à l'ensemble des membres. «On va se rasseoir avec eux», a dit le ministre.