Une fusée nord-coréenne a survolé l'île d'Okinawa d'après Tokyo qui proteste

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Des voyageurs regardent et écoutent attentivement les nouvelles sur les écrans d'une station de train à Séoul. (AFP)
Des voyageurs regardent et écoutent attentivement les nouvelles sur les écrans d'une station de train à Séoul. (AFP)

SEOUL, 12 déc 2012 (AFP) - La Corée du Nord a lancé mercredi une fusée pour officiellement mettre en orbite un satellite civil d'observation terrestre considéré par une partie de la communauté internationale comme un nouvel essai de missile balistique, a annoncé le ministère sud-coréen de la Défense.

"Elle (la fusée) a été lancée", a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère, sans autre précision, alors que le Japon a précisé que le lanceur, orienté vers le sud, était passé au-dessus de l'île nippone d'Okinawa douze minutes après son décollage.

L'armée sud-coréenne a indiqué, une heure après le tir, que l'opération semblait avoir "réussi". "Les étages de la fusée sont tombés dans des zones conformes aux prévisions et le lancement semble être réussi", a précisé un responsable militaire cité par l'agence de presse sud-coréenne Yonhap.

La fusée Unha-3 a été lancée depuis le site de Sohae, dans le nord-ouest du pays, à 09h51 (00h51 GMT), selon une source gouvernementale sud-coréenne citée par Yonhap.

Le gouvernement japonais a lui annoncé que la fusée avait survolé son territoire à haute altitude douze minutes après, et que Tokyo n'avait pas essayé de l'abattre.

"Un missile que la Corée du Nord appelé +satellite+ a été tiré à 09H49 et est passé au-dessus d'Okinawa à 10H01. Nous n'avons lancé aucune interception", a expliqué le bureau du Premier ministre.

Tokyo avait mis en alerte les Forces d'auto-défense (le nom de l'armée japonaise) afin qu'elles détruisent la fusée nord-coréenne si le lanceur ou ses débris menaçaient le territoire nippon.

"Il est extrêmement regrettable que la Corée du Nord ait procédé à son lancement malgré nos appels à ce qu'elle y renonce. Pour notre pays, c'est intolérable", a déclaré le porte-parole du gouvernement nippon, Osamu Fujimura.

Le Royaume-Uni a lui aussi officiellement "déploré" le lancement de la fusée nord-coréenne.

Des débris des étages de la fusée pourraient retomber au large de la principale île des Philippines, Luzon, a indiqué Manille, qui a recommandé aux pêcheurs d'éviter la côte est de cette île.

"Nos citoyens doivent éviter l'océan Pacifique de Santa Ana (une ville dans le nord-est de Luzon) jusqu'à l'île de Polillo (sud-est)", a déclaré le chef de la sécurité civile Benito Ramos.

La Corée du Nord avait d'abord annoncé vouloir lancer sa fusée du 10 au 22 décembre, vraisemblablement pour faire coïncider la lancement avec le premier anniversaire de la mort, le 17 décembre 2011, de l'homme fort du régime, Kim Jong-Il.

Confronté à des contretemps techniques et à une météo défavorable, Pyongyang avait finalement élargi la fenêtre de tir jusqu'au 29 décembre.

Les médias sud-coréens avaient même affirmé mardi que le lanceur avait été retiré de son pas de tir, estimant que la mise à feu pourrait subir un report important.

Les autorités japonaises avaient toutefois maintenu l'état d'alerte maximal.

Le régime communiste, totalement sourd aux exhortations des Etats-Unis, de l'Onu et de ses voisins, affirme vouloir mettre en orbite un satellite civil d'observation terrestre.

Séoul, Tokyo et les Occidentaux considèrent qu'il s'agit d'un nouvel essai de missile balistique que lui interdisent catégoriquement les sanctions de l'ONU.

Le précédent tir, en avril, s'était soldé par un échec, la fusée ayant explosé en vol peu après son dévollage.

Malgré la forte opposition de la Chine, seule alliée de poids de Pyongyang, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté deux trains de sanctions en 2006 et 2009 après chaque test nucléaire --qui suivait des tirs de fusée.

Les résolutions 1718 et 1874 interdisent à Pyongyang toute activité nucléaire ou balistique.

Les diplomates des Etats membres ou non membres du Conseil de sécurité avaient intensifié ces dernières semaines leurs consultations en coulisses au sujet de la réponse à donner à un nouveau tir de fusée.

Selon des médias japonais, le Japon, les Etats-Unis et la Corée du Sud sont convenus de demander au Conseil un renforcement des sanctions au niveau de celles frappant l'Iran.

Les trois pays alliés souhaitent geler les avoirs à l'étranger, à partir d'une liste élargie, d'institutions financières, d'entreprises et de personnalités nord-coréennes.

Lundi, les ministres européens des Affaires étrangères de l'Union européenne ont prévenu qu'un tir de fusée serait considéré comme "une provocation", qui entraînerait sans doute des mesures de rétorsion.