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Des milliers de partisans et d'opposants du président égyptien manifestent

11/12/2012 06:25 EST | Actualisé 10/02/2013 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Des milliers d'opposants et de partisans du président islamiste d'Égypte ont participé à d'imposantes manifestations rivales mardi au Caire, quatre jours avant le référendum sur le projet de Constitution contesté.

Les manifestations ont eu lieu quelques heures après que des assaillants masqués eurent attaqué des manifestants de l'opposition sur la place Tahrir avec des couteaux et des bâtons, selon des responsables de la sécurité. Au moins 11 personnes ont été blessées dans cette attaque survenue avant l'aube, d'après un porte-parole du ministère de la Santé cité par l'agence de presse MENA. L'identité des assaillants n'est pas connue.

L'agence a annoncé mardi que le ministre de la Défense, Abdel-Fattah el-Sissi, avait invité les Égyptiens de tous les horizons, incluant les politiciens, les artistes et les athlètes, à participer à des discussions mercredi afin de trouver des façons de sortir de la crise politique qui s'aggrave.

Mais quelques heures plus tard, la même agence a cité un porte-parole des forces armées qui a nié que le ministre ait formulé une telle invitation. MENA n'a pas précisé le nom du porte-parole.

Plus tôt mardi, le président de la principale organisation de juges égyptiens a annoncé que 90 pour cent de ses membres avaient voté pour boycotter la supervision du référendum de samedi sur le projet de Constitution.

La décision du Club des magistrats ne devrait pas empêcher la tenue du référendum, mais elle laisse planer un doute sur la légitimité du processus. Le président Mohamed Morsi a déjà laissé savoir que s'il n'y avait pas assez de juges pour superviser le référendum, le vote pourrait se dérouler sur plusieurs jours.

Le projet de Constitution divise profondément les Égyptiens et a provoqué certains des affrontements les plus violents dans le pays depuis que Mohamed Morsi est arrivé au pouvoir, en juin, en tant que premier président démocratiquement élu de l'histoire de l'Égypte. La semaine dernière, des violences entre partisans et opposants du président autour du palais présidentiel avaient fait six morts et près de 700 blessés.

La crise oppose, d'une part, le président Morsi, les Frères musulmans et leurs alliés salafistes, et d'autre part, une coalition de libéraux, de laïques, de militants de gauche et de chrétiens, qui estiment que le projet de Constitution restreint les libertés et donne aux islamistes une trop grande influence sur la direction du pays.

À Nasr City, un district du Caire considéré comme un bastion des Frères musulmans, des dizaines de milliers de partisans du président se sont rassemblés mardi devant une mosquée.

«Je veux que le slogan "Morsi" fasse trembler la terre», a déclaré dans un microphone un homme sur une tribune érigée devant la mosquée. «De ruelle en ruelle, de maison en maison, la Constitution signifie la stabilité.»

La foule a grossi rapidement alors que des dizaines d'autocars, dont la plupart portaient des plaques d'immatriculation de provinces autour du Caire, emmenaient des milliers de partisans du président Morsi au rassemblement. La plupart des hommes portaient la barbe distinctive des islamistes, tandis que les femmes portaient le hijab ou le niqab, qui couvre tout le visage sauf les yeux.

La foule a dénoncé l'opposition libérale et ses dirigeants, les qualifiant de non démocratiques et les accusant d'être des fidèles de l'ancien président Hosni Moubarak, renversé par un soulèvement populaire en février 2011.

Des centaines de manifestants islamistes ont par ailleurs érigé un camp devant un complexe médiatique qui abrite plusieurs réseaux de télévision privés opposés au président Morsi et aux Frères musulmans. Les islamistes ont menacé de prendre d'assaut le complexe.

Dans le quartier d'Héliopolis situé tout près, des dizaines de milliers de partisans de l'opposition se sont rassemblés devant le palais présidentiel pour exiger que Mohamed Morsi abandonne le référendum sur le projet de Constitution.

Le texte, adopté à la hâte le mois dernier par une commission constitutionnelle dominée par les alliés islamistes du président, a enflammé l'opposition, qui était déjà en colère contre les décrets présidentiels qui accordaient des pouvoirs quasi absolus au président. M. Morsi a annulé ces décrets le week-end dernier, dans une apparente tentative d'apaiser les tensions, mais il a refusé d'annuler le référendum.

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