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Syrie: des islamistes prennent toute la base Cheikh Souleimane (ONG)

10/12/2012 04:22 EST | Actualisé 08/02/2013 05:12 EST

Des jihadistes, membres en particulier du Front Al-Nosra, ont pris lundi le contrôle de toute la base militaire de Cheikh Souleimane, dans le nord de la Syrie, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Des brigades d'Al-Nosra ou liées à Al-Nosra se sont emparées du quartier général de la base militaire Cheikh Souleimane, après des semaines de violents combats pour son contrôle", a précisé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.

"C'est un gain significatif pour l'opposition armée. Il prouve que l'armée enregistre de lourdes pertes militaires", a-t-il ajouté, soulignant toutefois qu'il restait "des unités de l'armée dans les villages alentour".

Dans une vidéo diffusée sur internet par des militants, un rebelle lit un "communiqué de libération" de Cheikh Souleimane.

Il se revendique du bataillon Ahrar Darret Ezza (Les Hommes libres de Darret Ezza) de l'Armée syrienne libre (ASL), une des rares brigades rebelles qui a pu participer à l'assaut, la plupart des autres ayant été prises de court par les islamistes, selon une source rebelle.

"Nous, la brigade des hommes libres de Darret Ezza-Jound Allah, avons libéré avec l'aide d'autres brigades la base 111, qui regroupe des unités de la défense aérienne et des renseignements", déclare ce rebelle, en ajoutant que des armes ont été saisies et que de nombreux soldats ont été tués ou faits prisonniers.

"L'ASL tente de revendiquer la victoire, mais ce n'est pas la sienne. C'est celle d'Al-Nosra et des groupes qui lui sont liés", a insisté M. Abdel Rahmane, dont l'organisation basée au Royaume-Uni s'appuie sur un réseau de militants et de médecins civils et militaires à travers la Syrie.

"Al-Nosra est le groupe rebelle le plus fort dans le nord d'Alep, mais cela n'est pas le cas partout", a-t-il précisé.

Selon lui, les combattants ont mis la main sur huit à dix véhicules militaires et sur un ou deux chars.

Sur d'autres vidéos mises en ligne par des militants, on voit des combattants progresser dans la base désertée en brandissant l'étendard des jihadistes, le drapeau noir frappé de la profession de foi musulmane.

Ils affirment appartenir au bataillon al-Mouhajirine, une brigade islamiste liée à Al-Nosra, et passent à proximité de plusieurs batteries anti-aériennes. "Voilà avec quoi ils bombardaient les civils", lance un combattant en désignant une batterie sur laquelle est juchée un de ses camarades.

La caserne du bataillon 111 de l'armée, située à 12 km au nord-ouest d'Alep, s'étend sur plusieurs kilomètres carrés de collines caillouteuses. Il s'agissait de la dernière garnison gouvernementale d'importance dans cette région, où les rebelles tiennent désormais une large zone géographique.

Selon un journaliste de l'AFP qui a assisté à une partie de l'assaut, un grand nombre des combattants islamistes sont des étrangers, arabes ou originaires du Caucase. L'un de leurs chefs est un Ouzbek se faisant appeler Abu Talha, que le journaliste de l'AFP avait déjà croisé dans la région.

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