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Oxfam s'oppose aux expulsions des déplacés du séisme en Haïti

10/12/2012 06:42 EST | Actualisé 09/02/2013 05:12 EST

PORT-AU-PRINCE, Haïti - L'organisation internationale Oxfam a demandé lundi au gouvernement haïtien de suspendre les évictions des campements qui abritent toujours quelque 357 000 déplacés du séisme de 2010 dans la région de Port-au-Prince et ailleurs dans le pays.

Selon un rapport d'Oxfam, la majorité des expulsions sont menées par des propriétaires privés qui veulent récupérer leurs terres. Certains propriétaires ont proféré des menaces, détruit des tentes et déclenché des incendies volontairement pour chasser les déplacés. Dans certains cas, des responsables municipaux étaient derrière les évictions, affirme le rapport.

Un conseiller du président Michel Martelly a estimé lundi que le rapport présentait une image faussée et a déclaré que le gouvernement relogeait les gens de façon sûre dans le cadre d'un programme de subvention au logement appelé «16/6».

«Le gouvernement n'est pas engagé dans une politique d'éviction, mais à travers le projet 16/6, il a pris des mesures pour relocaliser de façon sûre et permanente les gens qui vivent dans les camps», a déclaré le conseiller présidentiel Salim Succar dans un courriel. «Le succès du programme est bien connu et jusqu'à maintenant, un certain nombre de camps ont été fermés de façon sûre.»

Le rapport d'Oxfam survient alors qu'Haïti se prépare à souligner le troisième anniversaire du séisme de janvier 2010. Au plus fort de la crise, la capitale haïtienne et les villes du sud touchées par le tremblement de terre comptaient 1,3 million de déplacés vivant dans des camps de fortune.

Le nombre de déplacés a baissé au fil du temps grâce aux subventions au logement du gouvernement, parce que les déplacés ne pouvaient plus supporter de vivre dans des campements insalubres ou parce qu'ils ont été forcés de partir, comme le souligne le rapport.

L'étude indique qu'au mois d'août, environ 61 000 personnes avaient été évincées de 152 camps. Quelque 78 000 autres personnes vivant dans 121 camps faisaient face à une menace d'éviction.

Presque tous les 121 camps qui font l'objet d'une menace d'éviction sont établis sur des terrains privés, indique le rapport.

Selon Oxfam, de nombreux résidants des camps n'ont nulle part d'autre où aller et 86 pour cent d'entre eux n'ont pas les ressources financières nécessaires pour s'installer ailleurs. La plupart des déplacés n'ont pas d'emploi et vivent dans une pauvreté extrême: 60 pour cent d'entre eux ont déclaré qu'ils mangeaient un seul repas par jour, voire moins.

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