INTERNATIONAL - Le président égyptien Mohamed Morsi a demandé lundi 10 décembre à l'armée d'assurer la sécurité jusqu'à l'annonce du résultat du référendum prévu samedi prochain. Les Égyptiens seront appelés à se prononcer sur la nouvelle Constitution, un texte au centre d'une grave crise politique et de violences meurtrières.

"Les forces armées appuient les services de police en complète coopération avec elles pour préserver la sécurité et protéger les installations vitales de l'Etat, pour une période temporaire jusqu'à l'annonce du résultat du référendum sur la Constitution", selon le texte de ce décret publié au Journal officiel.

Concrètement, ce décret permet à l'armée d'arrêter des civils. Pro et anti Morsi ont chacun appelé à manifester mardi. "Les officiers et sous-officiers des forces armées participant aux missions de préservation de la sécurité et de protection des installations vitales de l'Etat (...) ont tous les pouvoirs d'arrestation judiciaire", selon le décret.

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L'armée égyptienne avait déployé plusieurs chars devant le palais présidentiel au Caire jeudi 6 décembre, après des heurts nocturnes entre partisans et adversaires du président Mohamed Morsi qui ont fait au moins cinq morts.

Pour tenter de s'extirper d'une grave crise politique, Mohamed Morsi a annulé samedi soir le décret par lequel il avait placé ses pouvoirs au-dessus de tout recours en justice. Il a en revanche a maintenu le référendum du 15 décembre sur un projet de Constitution contesté. Quelques heures auparavant, la très influente armée égyptienne avait appelé au dialogue pour éviter que la crise ne débouche sur un "désastre".

Les affrontements du mercredi 5 décembre au Caire
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Le palais présidentiel encerclé par les anti-Morsi le mardi 4 décembre
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  • Des dizaines de milliers de manifestants

    Des dizaines de milliers d'opposants au chef de l'Etat égyptien Mohamed Morsi ont encerclé mardi 4 décembre au soir le palais présidentiel au Caire.

  • Au coeur du problème, le projet de constitution...

    Le secrétaire général de l'Assemblée constitutionnelle égyptienne Amr Darrag tenant dans sa main le projet de constitution. Les opposants reprochent notamment à la nouvelle Constitution de ne pas garantir les droits des minorités.

  • .. et un décret augmentant les pouvoirs du président

    Ici un manifestant tient dans ses mains le décret présidentiel du 22 novembre, par lequel Mohamed Morsi, premier président islamiste du pays, a notamment mis ses décisions et la commission chargée de rédiger la future Constitution à l'abri de tout recours en justice.

  • Une femme prie un soldat

    Alors que les soldats du palais présidentiel l'entourent de barbelés, une femme prie.

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  • Les protestations se sont poursuivies jusque dans la soirée