NOUVELLES

L'armée égyptienne, acteur politique capital depuis 60 ans

08/12/2012 12:30 EST | Actualisé 07/02/2013 05:12 EST

L'armée, qui a appelé samedi au dialogue pour éviter un "désastre" dans la grave crise entre le président islamiste Mohamed Morsi et l'opposition, est un acteur capital du jeu politique en Egypte depuis 60 ans.

Les quatre premiers présidents qui se sont succédé après le renversement de la monarchie en 1952 sortent de ses rangs: Mohammed Naguib, Gamal Abdel Nasser, Anouar el-Sadate et Hosni Moubarak. M. Morsi, issu de la confrérie islamiste des Frères musulmans, est le premier président civil d'Egypte.

La chute de Hosni Moubarak en février 2011 avait amené le Conseil suprême des forces armées (CSFA), dirigé par le maréchal Hussein Tantaoui, à prendre les rênes du pays jusqu'à l'investiture de M. Morsi fin juin 2012.

Le CSFA, inquiet de l'arrivée d'un président islamiste, avait dans un premier temps placé son pouvoir sous tutelle, en s'arrogeant le pouvoir législatif laissé de facto vacant avec la dissolution de l'Assemblée mi-juin.

M. Morsi a toutefois repris la main face aux militaires le 12 août en mettant M. Tantaoui à la retraite, et en récupérant le pouvoir législatif.

Ce coup de théâtre s'était accompagné de nombreuses interrogations, notamment sur un possible accord officieux entre M. Morsi et les généraux pour que ces derniers conservent leur empire économique, ainsi que leurs privilèges et immunités.

L'armée, engagée dans une vaste opération de reprise de contrôle de la région troublée du Sinaï, était restée assez discrète sur le plan politique depuis l'été.

Le projet de Constitution qui doit être soumis à référendum lui offre certaines garanties. Le ministre de la Défense doit être choisi en son sein, et un conseil présidé par le président mais comprenant une majorité de généraux discute de son budget et des lois relatives aux militaires.

Le degré de loyauté de l'appareil militaire au président Morsi reste toutefois une inconnue, même si la mise à l'écart de M. Tantaoui s'est faite à l'époque sans tensions apparentes.

Lors de la révolte de 2011 contre Hosni Moubarak, l'armée avait déjà affiché son refus de tirer sur la foule, privant de fait le chef de l'Etat de son principal soutien face à la rue.

L'armée égyptienne contrôle directement ou par le réseau de nombreux généraux en retraite un immense et opaque patrimoine économique, allant des eaux minérales aux cimenteries ou à l'immobilier.

Elle reçoit également une aide de 1,3 milliard de dollars de la part des Etats-Unis, et est très largement dotée en matériel américain.

Armée de conscription, elle disposerait de quelque 470.000 soldats d'active et 480.000 réservistes, selon l'International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres.

cr/gde/tp

PLUS:afp