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Ottawa autorise l'offre de la chinoise CNOOC pour le rachat de Nexen

07/12/2012 05:09 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST

OTTAWA - Le gouvernement fédéral a autorisé vendredi le rachat de l'entreprise d'hydrocarbures canadienne Nexen (TSX:NXY) par la société d'État chinoise China National Offshore Oil Company (CNOOC) pour 15,1 milliards $.

Ottawa a du même coup approuvé une deuxième offre de prise de contrôle présentée par une société étrangère, soit celle de la société publique d'hydrocarbures malaisienne Petronas sur la canadienne Progress Energy Resources (TSX:PRQ), évaluée à 6 milliards $.

La décision concernant Nexen était fort attendue par les entreprises intéressées et les milieux d'affaires.

Dans les deux cas, le gouvernement a déterminé que les acquisitions étaient «vraisemblablement à l'avantage net du Canada», après un examen effectué selon les critères de la Loi sur investissement Canada.

Le gouvernement Harper a aussi choisi ce moment pour publier ses politiques et lignes directrices pour les investissements étrangers.

«L'investissement étranger n'est pas une fin en soi. C'est le moyen pour atteindre un but. Et ce but est la prospérité à long terme du Canada et des Canadiens», a résumé le premier ministre Stephen Harper, en point de presse à Ottawa, peu après que les deux décisions aient été rendues publiques.

Un point notable des nouvelles directives touche aux sociétés d'État étrangères qui chercheront dans l'avenir à acquérir le contrôle d'une entreprise canadienne de sables bitumineux: ces transactions ne seront considérées comme représentant un avantage net pour le Canada qu'à «titre exceptionnel seulement».

«À la lumière des tendances grandissantes et après les décisions prises aujourd'hui, le gouvernement du Canada a déterminé que le contrôle sur le développement des sables bitumineux par des gouvernements étrangers a atteint le point auquel davantage de contrôle par des gouvernements étrangers ne serait pas un bénéfice net pour le Canada», a déclaré le premier ministre.

«Quand on dit que le Canada est ouvert aux affaires, nous ne voulons pas dire que le Canada est à vendre aux gouvernements étrangers», a-t-il ainsi averti.

La transaction entre CNOOC et Nexen faisait l'objet d'une controverse, notamment parce que l'acheteur se trouve être la propriété exclusive du gouvernement chinois.

La période d'examen de l'offre d'achat sur l'entreprise de Calgary, assujettie à la Loi sur Investissement Canada, avait été prolongée jusqu'à lundi.

L'examen en vertu de la loi vise notamment à déterminer si l'accord présente un «bénéfice net» pour l'économie canadienne. Si oui, la transaction peut être autorisée. L'examen doit aussi déterminer si les acquisitions proposées sont susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale.

Les partis d'opposition dénonçaient depuis plus d'un an le concept de «bénéfice net», qu'ils considèrent mal défini.

À Ottawa, le Nouveau Parti démocratique (NPD) s'opposait à la vente pour des raisons de sécurité nationale ainsi que de protection de l'environnement et des droits de l'homme.

Selon le porte-parole du parti en matière de ressources naturelles, Peter Julian, «les Canadiens ont de quoi s’inquiéter des conséquences économiques et environnementales à long terme de cette décision», ajoutant que «ce genre de transaction s’est souvent traduit par des pertes d’emploi au pays».

M. Julian a aussi accusé les conservateurs d'approuver une transaction qui, selon leur propre aveu, n'est pas réellement avantageuse pour les Canadiens.

Quant à l'offre de Petronas, elle avait déjà été rejetée une première fois en octobre par le ministre de l'Industrie, Christian Paradis, qui avait fait valoir qu'elle ne répondait pas au critère du «bénéfice net» pour les Canadiens. Le ministre avait cependant donné 30 jours à Petronas pour soumettre une proposition révisée, ce qu'elle a fait.

Progress Energy Resources se concentre essentiellement sur l'exploration, le développement et la production de gaz naturel dans le nord-est de la Colombie-Britannique et le nord-ouest de l'Alberta.

La Commission européenne avait donné son feu vert, plus tôt vendredi, à l'offre d'achat de CNOOC pour Nexen. Cette dernière est présente en mer du Nord, ce qui explique pourquoi la transaction projetée devait être approuvée par les autorités de réglementation européennes.

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) avait déjà fait part de ses préoccupations au sujet des investissements étrangers réalisés par des sociétés d'État, dans son rapport annuel rendu public plus tôt cette année.

Bien que le SCRS n'ait nommé de façon précise ni pays ni entreprise, il a indiqué que «certaines sociétés d'État et entreprises privées entretenant des liens étroits avec leur gouvernement ont des intentions cachées ou reçoivent secrètement des renseignements pour faciliter leurs activités au pays».

Le premier ministre Harper avait quant à lui affirmé que la proposition d'entente impliquant CNOOC et Nexen soulevait de difficiles questions politiques.

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