Huffpost Canada Quebec qc

Orchestre Métropolitain de Montréal : au temps du romantisme avec Yannick Nézet-Séguin

Publication: Mis à jour:

MONTRÉAL - L'Orchestre Métropolitain et le maestro Yannick Nézet-Séguin présenteront, à compter de vendredi (7 décembre), deux programmes distincts dédiés à Bach et aux grands romantiques, à la Maison symphonique de Montréal. Les compositeurs autrichiens Mahler et Bruckner seront à l'honneur vendredi (complet) et samedi. Discussion avec la soprano canadienne Suzie LeBlanc et le musicien Louis-Pierre Bergeron, qui participent aux événements.

Sous le titre Bach et les romantiques, l'Orchestre Métropolitain propose deux concerts différents en deux jours. Vendredi: Jauchzet Gott in allen Landen (Réjouissez-vous partout en Dieu), cantate pour soprano, BWV 51, de Bach, suivie de la Symphonie no 4 de Mahler. On retrouvera la soprano Suzie LeBlanc durant une bonne partie de la soirée. Samedi: deuxième Suite pour orchestre de Bach, réputée pour sa célèbre Badinerie, avec la flûtiste solo de l'orchestre Marie-Andrée Benny. Ensuite viendra la Symphonie de Bruckner.

À première vue, le choix de ces deux grands compositeurs parait audacieux à l'arrivée du temps des Fêtes, ni l'un ni l'autre n'étant véritablement reconnus pour leur « jovialité » musicale. Les gens pensent souvent que Mahler est sobre et difficile d'accès. Qu'à cela ne tienne, Suzie LeBlanc affirme néanmoins en entrevue que l'audience sera agréablement étonnée par la sensibilité qui irradie de l'oeuvre de Mahler.

« Le compositeur lui-même dit dans ses écrits que l'interprète doit chanter avec la pureté d'un enfant, pour laisser naître un univers d'innocence. Plusieurs passages sont très rayonnants. Ces deux œuvres de Bach et Mahler, proposées par Yannick (le premier soir), ont d’ailleurs quelque chose de semblable. Leurs mondes se touchent, se rencontrent. Elles ont des parties très lumineuses, qui vont loin dans l'intimité. Au milieu d'un mouvement de Bach, par exemple, on retrouve un ton festif et exalté. Une sorte de renaissance du matin qui n'est pas très loin de l'esprit du 4e mouvement de Mahler qui rappelle le paradis. »

Du baroque aux romantiques

Celle qui vient de l'univers baroque classique (elle s'est passionnée du clavecin durant de nombreuses années avant d'entamer une carrière en chant à partir de la mi-vingtaine) admet sans détour que de participer à un concert alliant les œuvres de Bach et Mahler renferme pour elle une belle part de défi.

« La facture est différente, même pour Bach. Je dois modifier ma voix et l'adapter aux sonorités instrumentales modernes que l'on ne retrouve pas normalement dans le baroque. Sauter dans Mahler, que j'adore, me demande aussi une adaptation, oui, mais c'est surtout un immense plaisir. C'est la première fois que j'interprète Mahler en concert...Et heureusement ça fonctionne très bien ! »

« Mahler m'a accompagné beaucoup durant mon enfance, précise Suzie LeBlanc. J'aime énormément ce compositeur, même si ma formation provient du baroque. Il est un de mes préférés. Il a écrit des passages qui sont sublimes […] Je pense que c'est un grand moment ce concert. Et je suis très heureuse d'en faire partie, surtout auprès de Yannick, que je connais depuis 2000 (à travers différentes collaborations). Bien qu'il ait un énorme respect pour la partition, il s'investit beaucoup pour lui donner de sa couleur. Il a une direction généreuse et précise. J'adore sa relecture de l'œuvre. Il a bien su s'adapter à l’oeuvre de Mahler, aux musiciens (de l’Orchestre Métropolitain, plus d'une soixantaine) et à moi. »

Une légère brise de Noël

Du côté de Louis-Pierre Bergeron, deuxième cor de l'orchestre, on entend également que la symphonie de Mahler saura éveiller le sentiment de Noël. « Au début, on a droit à des grelots qui rappellent la nostalgie de l'enfance. C'est certainement un passage qui fait rêver et qui évoque le temps des Fêtes. Quant au couplage Bach et Bruckner (seconde soirée), les aspects religieux et méditatif de Bach et Bruckner peuvent aussi être associés à Noël. Comparativement au travail de Mahler, nourri par les mélodies et les très riches orchestrations, la musique de Brucker est d'abord basée sur les accords, tel un orgue gigantesque. C'est contemplatif, avec de gros apogées. »

« Autre fait intéressant, le violon de la soliste Yukari Cousineau sera accordé un ton plus haut, poursuit-il. Les cordes sont tendues davantage pour donner un son un peu diabolique. L'effet était désiré par Mahler. Ça se situe dans la symphonie de vendredi, au deuxième mouvement. »

À noter que la 6e symphonie de Bruckner, samedi, fera l'objet d'un enregistrement qui paraîtra sur l'étiquette ATMA Classique en 2013.

Ces concerts étaient présentés à guichets fermés dans deux arrondissements de Verdun et de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Sous le titre Bach et les romantiques, l'Orchestre Métropolitain propose deux programmes concerts différents en deux jours. Vendredi: Jauchzet Gott in allen Landen (Réjouissez-vous partout en Dieu), cantate pour soprano, BWV 51, de Bach, suivie de la Symphonie no 4 de Mahler. On retrouvera la soprano Suzie LeBlanc dans les deux oeuvres présentées durant cette soirée. Samedi: deuxième Suite pour orchestre de Bach, réputée pour sa célèbre Badinerie, avec la flûtiste solo de l'orchestre Marie-Andrée Benny. Ensuite viendra la Symphonie de Bruckner.

À première vue, le choix de ces deux grands compositeurs parait audacieux à l'arrivée du temps des Fêtes, ni l'un ni l'autre n'étant véritablement reconnus pour leur « jovialité » musicale. Qu'à cela ne tienne, Suzie LeBlanc affirme néanmoins en entrevue que l'audience sera agréablement étonnée par l'inspirante beauté qui irradie de l'oeuvre de Mahler.

Romantique et moderne

« Les gens pensent souvent que Mahler est sombre et difficile d'accès, explique Suzie LeBlanc. Mais, le compositeur lui-même dit dans ses écrits que l'interprète doit chanter avec la pureté d'un enfant, pour laisser naître un univers d'innocence. Ces deux œuvres de Bach et Mahler, proposées par Yannick (le premier soir), ont quelque chose de semblable. Leurs mondes se touchent, se rencontrent. Elles ont des parties très lumineuses, qui vont loin dans l'intimité. Au milieu d'un mouvement de Bach, par exemple, on retrouve un ton festif et exalté. Une sorte de renaissance du matin qui n'est pas très loin de l'esprit du 4e mouvement de Mahler qui rappelle le paradis. »

Celle qui vient de l'univers baroque classique (elle s'est passionnée du clavecin durant de nombreuses années avant d'entamer une carrière en chant à partir de la mi-vingtaine) admet sans détour que de participer à un concert alliant les œuvres de Bach et Mahler renferme pour elle une belle part de défi.

« Bach, c'est très romantique. La facture est très moderne. Je dois modifier ma voix et l'adapter aux sonorités que l'on ne retrouve pas du tout dans le baroque [...] Sauter dans Mahler, que j'adore, me demande aussi une certaine adaptation, oui, mais c'est surtout un immense plaisir. C'est la première fois que j'interprète Mahler en concert...Et heureusement ça fonctionne très bien ! »

« Mahler m'a accompagné beaucoup durant mon enfance, ajoute Suzie LeBlanc. J'aime énormément ce compositeur. Même si ma formation provient du baroque, j'écoute autres choses...Et il est un de mes préférés. Il a écrit des passages qui sont sublimes. Je pense que c'est un grand moment ce concert. Et je suis très heureuse d'en faire partie, surtout auprès de Yannick, que je connais depuis 2000, à travers différentes collaborations. Bien qu'il ait un énorme respect pour la partition, il s'investit beaucoup pour lui donner de sa couleur. Il a une direction généreuse et précise. J'adore sa relecture de l'œuvre. Il a su s'adapter tout autant au travail de Mahler, aux musiciens (plus d'une soixantaine) et à moi. »

Une légère brise de Noël

Du côté de Louis-Pierre Bergeron, deuxième cor de l'orchestre, on entend également que la symphonie de Mahler saura éveiller le sentiment de Noël. « Au début, on a droit à des grelots qui rappellent la nostalgie de l'enfance. C'est certainement un passage qui fait rêver et qui évoque le temps des Fêtes. Quant au couplage Bach et Bruckner (seconde soirée), l'aspect sacré et les cantates peuvent être aussi associées à Noël. »

« Comparativement au travail de Mahler, nourri par les mélodies et les très riches orchestrations, la musique de Brucker est d'abord basée sur les accords, poursuit-il.

C'est contemplatif, avec de grosses apogées. On peut également mentionner le violon de la soliste Yukari Cousineau, qui sera accordé un ton plus haut. Les cordes sont tendues davantage pour donner un son un peu diabolique. L'effet était désiré par le compositeur. Ça se situe dans la symphonie de samedi, au deuxième mouvement. »

À noter que la 6e symphonie de Bruckner, samedi, fera l'objet d'un enregistrement qui paraîtra sur l'étiquette ATMA Classique en 2013.

Ces concerts sont également présentés à guichets fermés dans deux arrondissements de Verdun et de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.