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Le Québec veut devenir une place forte du sport international

07/12/2012 06:37 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST

Longtemps en retrait, le Québec veut devenir une place forte du sport international et entre sans complexe en concurrence avec l'Europe, à l'image de l'organisation vendredi et samedi d'une manche de la Coupe du monde de ski de fond dans la capitale de la province.

La province francophone canadienne a lancé une opération séduction et s'en donne les moyens. En quelques années, elle a disposé ses pions sur l'échiquier du sport mondial pour obtenir l'organisation d'épreuves internationales et regarde plus loin que les disciplines typiquement nord-américaines.

Si le Grand Prix de Formule 1 du Canada est une tradition à Montréal depuis 1978, l'arrivée des Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal au WorldTour et le passage de la Coupe du monde de ski de fond (épreuves de sprint) démontrent l'appétit grandissant du Québec pour le sport mondial, à l'instar des pays émergents asiatiques ou de la péninsule arabique.

"Nous baignons dans un milieu nord-américain, tout en ayant toujours ce cordon ombilical avec l'Europe, explique Serge Arsenault, l'organisateur des épreuves cyclistes. Le Québec, ce n'est que huit millions d'habitants. Et lorsqu'on est petit, on reste sur la défensive en attendant l'erreur d'un adversaire. Une fois cette fenêtre ouverte, nous sommes condamnés à réussir."

Lors de la première édition de l'épreuve cycliste en 2010, Serge Arsenault avait dû faire face aux méfiances du Vieux Continent, à l'image du sélectionneur français Laurent Jalabert qui avait qualifié d'"arnaque" la présence de l'épreuve au ProTour, aux côtés des plus grandes courses.

Trois ans plus tard, l'épreuve a pris son envol médiatique (diffusion dans 75 pays pour l'édition 2012) et au niveau de son plateau (Thomas Voeckler, Peter Sagan, Edvald Boasson Hagen, Alejandro Valverde).

"On se rend compte qu'on peut le faire, continue Serge Arsenault. La Coupe du monde sprint de ski de fond en est aussi l'exemple."

Européenne par excellence, la discipline nordique bascule de l'autre côté de l'Atlantique pour un événement scruté de près par des instances soucieuses de leur image.

"Lorsque je regarde la piste créée pour l'épreuve, il est clair que ce n'est pas du bricolage. Ici, quand on y va, on met les moyens", note le Français Pierre Mignerey, directeur de course ski de fond pour la Fédération internationale (FIS) et présent sur place.

"Ce n'est pas le même type d'organisation qu'à La Clusaz (19-20 janvier 2013) par exemple, où ces derniers recherchent encore des partenaires. Ni un parking comme à Moscou (en février 2012). Ça a de la gueule et la FIS y trouve un intérêt en termes d'image, c'est certain. La stratégie de Québec semble intéressante pour le ski de fond", assure le Français.

Le Québec n'a rien laissé au hasard. En organisant à dans sa capitale le Congrès SportAccord en mai, avec la quasi-totalité des Fédérations internationales, l'opération lobbying a tourné à plein régime.

"Ça a fait des petits, assure Patrice Drouin, organisateur du Congrès et des Mondiaux-2013 de snowboard, en janvier à Stoneham, toujours au Québec. La province est devenue très prisée. Ici, il y a une garantie de livraison."

Il est désormais tourné vers l'accueil d'une véritable étape de Coupe du monde de ski de fond et l'arrivée d'un événement international en voile.

Obligé d'élever le curseur d'excellence pour compenser les contraintes logistiques et le décalage horaire liés à la distance avec l'Europe, le Québec sait aussi que la mondialisation est effective dans le sport.

"Le marché européen, c'est 18% seulement de la télévision mondiale, souligne Serge Arsenault. Nous apprenons à regarder ailleurs. L'Asie notamment. On sait que l'on ne peut pas gagner partout, que nous sommes petits aux yeux du monde. Mais tout ce qui est mal fait ailleurs, on va tenter de le reprendre. Au Québec, on fonce. Les yeux grands ouverts."

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