NOUVELLES

Human Rights Watch accuse Israël de "violation des lois de la guerre" à Gaza

07/12/2012 06:17 EST | Actualisé 06/02/2013 05:12 EST

L'armée israélienne, en lançant un raid aérien le 18 novembre contre une maison à Gaza qui a coûté la vie à 12 Palestiniens, dont quatre enfants, a commis une "claire violation des lois de la guerre", affirme vendredi dans un rapport l'ONG Human Rights Watch (HRW).

Ce raid, mené durant l'opération "Pilier de défense", visait le domicile de la famille Dallou, dont le père, Mohammad Jamal al-Dallou, 29 ans, a été présenté par l'armée israélienne comme un "terroriste".

Cette frappe, la plus meurtrière de l'opération lancée par Israël du 14 au 21 novembre dans la bande de Gaza, que gouverne le Hamas, avait provoqué la mort de ce Palestinien, agent dans une unité de la police des autorités du Hamas, de neuf membres de sa famille et de deux voisins, selon HRW.

"La possibilité que l'attaque contre une maison civile pouvait provoquer la mort de nombreux civils rendait cette opération à la fois disproportionnée et illégale", souligne l'ONG dans un communiqué.

La mort de la famille Dallou a ému l'opinion internationale.

HRW déplore qu'Israël n'ait pas fourni d'information sur M. Dallou pouvant étayer ses accusations selon lesquelles il était directement impliqué dans des actes "hostiles".

L'armée israélienne avait initialement indiqué avoir visé un chef militaire du Hamas, Yen Rabiea. Mais une porte-parole de l'armée avait ensuite déclaré à l'AFP que la cible du raid était Mohammad Jamal al-Dallou, selon elle "un terroriste connu". "Il n'y a pas eu d'erreur de l'armée israélienne", avait-elle insisté.

HRW souligne que les forces israélienne ont utilisé une bombe de "forte puissance". "Israël doit expliquer la raison du bombardement de cette maison pleine de civils", a estimé Fred Abrahams, un conseiller de l'ONG qui a enquêté à Gaza.

Interrogé par l'AFP, une porte-parole de l'armée a répondu vendredi que la maison des Dallou avait été "identifiée par les renseignements militaires comme une cache pour un haut responsable du Hamas qui jouait un rôle important dans la mise en place des infrastructures nécessaires pour tirer des roquettes" vers le territoire israélien.

"Les pertes en vies humaines de deux côté est regrettable, mais la responsabilité retombe sur les activistes terroristes qui utilisent la population civile comme un bouclier humain en se servant de bâtiments civils comme cachette", a argué la porte-parole militaire.

L'armée israélienne a promis une "réponse complète" à HRW "dans les prochains jours".

Une semaine d'hostilités entre soldats israéliens et combattants palestiniens ont coûté la vie à 175 Palestiniens --dont une centaine de civils y compris au moins 37 enfants-- ainsi qu'à six Israéliens, quatre civils et deux soldats, selon les deux camps.

jlr/agr/cnp

PLUS:afp