Ski de fond: Harvey et Kershaw terminent cinquièmes du sprint par équipe

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ALEX HARVEY
Alex Harvey. (Crédit photo: Manon Gilbert) | Manon Gilbert

QUÉBEC - La finale du sprint par équipe venait de prendre fin qu'Alex Harvey avait le couteau entre les dents, vendredi. Le fondeur québécois parlait déjà de prendre sa revanche sur la malchance à l'occasion de l'épreuve individuelle de la Coupe du monde de ski de fond, samedi.

«Je suis encore frustré, mais je vais aller faire une séance de récupération, et ça va mieux aller dans 30 minutes ou une heure», a lancé Harvey, qui contenait bien sa colère après avoir pris le cinquième rang de l'épreuve en compagnie de son coéquipier Devon Kershaw.

«Alex est fâché, a fait remarquer Kershaw. Regardez-le bien aller samedi. S'il ne monte pas sur le podium, je serai très surpris.»

Harvey, qui nourrissait de grandes ambitions devant ses partisans, connaissait une journée à son goût avant d'être impliqué dans une chute en finale qu'a provoqué le Suédois Emil Joensson au cours du dernier tour de parcours de 1,6 kilomètre.

«Joensson était un des favoris pour l'emporter, a souligné Harvey. Il est tombé devant moi et en chutant une spatule d'un de mes skis est demeurée coincée dans la clôture.»

Peu de temps auparavant, un relais laborieux avait recalé Kershaw à la cinquième position, à l'amorce de sa dernière boucle.

«J'ai dû laisser passer le Russe et nous avons perdu un peu de temps, a expliqué Harvey. Mais ce n'est pas ce qui a fait la différence. Qu'on soit premier, troisième ou cinquième après un relais, ça ne change pas grand-chose. Ma chute nous a surtout fait mal. Quand je me suis relevé, on accusait un retard d'une vingtaine de mètres sur le groupe de tête.»

Harvey n'a pas abandonné, remontant jusqu'à la cinquième position. La course a été remportée à la 'photo-finish' par les Kazakhs Denis Volotka et Nikolay Chebotko, qui ont coiffé les Russes Nikita Kriukov et Alexey Petukhov en vertu d'un temps de 19 minutes, 25,1 secondes.

Les Norvégiens Anders Gloeersen et Eirik Bransdal ont fini troisièmes. Un autre duo de Canadiens, Jesse Cockney et Len Valjas, a terminé 10e en finale.

«Je suis content de ça (la remontée). C'est d'autant plus décevant parce que je me sentais vraiment bien, a repris Harvey. C'était la première journée de la saison que je me sentais comme je me sens habituellement quand je lutte pour l'obtention d'un podium. Nous avions le podium dans les jambes aujourd'hui. Il nous a manqué la chance peut-être. J'aurai une source de motivation additionnelle, samedi.»

En demi-finale, Harvey, de Saint-Ferréol-les-Neiges, et Kershaw, de Sudbury, en Ontario, avaient ravi les milliers de spectateurs massés le long du parcours aménagé devant l'Assemblée nationale, en enlevant les honneurs de leur vague en demi-finale.

Sur un parcours ramolli, comme Harvey les affectionne, ils avaient négocié les six boucles en 19 minutes 14,4 secondes, devançant les équipes norvégiennes et russes.

Harvey a fait fi de la pression devant son public, affirmant qu'il avait abordé la course comme toutes les autres.

«C'était bruyant, on m'encourageait plus que quand je suis en piste à Oslo (en Norvège). C'est motivant et ça aide à faire oublier la douleur. Mais que ce soit bruyant ou pas, j'entre dans ma bulle sur le parcours.»

Les Américaines trop fortes

Du côté féminin, la finale a été l'affaire des Américaines Jessica Diggins et Kikkan Randall, auteures d'un chrono de 21:50,4 minutes.

Les Allemandes Hanna Kolb et Denise Herrmann ont remporté la médaille d'argent, devant les Norvégiennes Celine Brun-Lie et Maiken Caspersen Falla.

Les Canadiennes Daria Gaiazova et Chandra Crawford n'ont pas résussi à se qualifier pour la finale, comme les deux autres équipes du pays en lice.

Pour revenir aux hommes, le jeune Alexis Turgeon, de Gatineau, membre de l'équipe canadienne junior, a eu la chance de vivre une expérience unique, en prenant part à la même demi-finale que Harvey et Kershaw. Turgeon et son coéquipier Russell Kennedy ont terminé au 23e rang du classement cumulatif.

«C'est la meilleure préparation que je pouvais avoir pour l'épreuve individuelle, a commenté Turgeon. Le calibre est très fort. Ça nous fait réaliser que ce n'est pas la vitesse à laquelle vous pouvez aller qui compte, mais celle à laquelle vous devez aller. Il faudra bien l'atteindre à un moment donné pour chauffer les meilleurs.»