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Le gouvernement s'est démarqué par son manque de jugement, selon Legault

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FRANCOIS LEGAULT
Agence QMI

QUÉBEC - Les partis d'opposition ont en choeur tracé un sombre bilan des 100 premiers jours du gouvernement minoritaire péquiste, vendredi, au terme de la session parlementaire.

Néanmoins, ni la Coalition avenir Québec (CAQ) ni le Parti libéral (PLQ) n'envisagent la tenue d'un nouveau scrutin dans un horizon prévisible.

Dans le cas de la CAQ, le chef François Legault ne croit pas que les électeurs seront appelés aux urnes pendant l'année qui vient.

«Je suis un gars pragmatique, je suis un comptable, comme le disent souvent les personnes. Je pense qu'il faut être clair: je ne vois pas le Parti libéral, ni le Parti québécois d'ailleurs, souhaiter puis poser des gestes pour avoir une élection en 2013», a-t-il dit à l'occasion de l'ajournement des travaux parlementaires pour la pause des fêtes.

De fait, l'opposition libérale _ privée de chef jusqu'à l'élection du successeur de Jean Charest au mois de mars prochain _ ne semble nullement empressée de défaire le gouvernement dirigé par Pauline Marois.

«Je ne sais pas de quoi l'avenir sera fait mais ce que je sais, c'est que les Québécois n'en souhaitent pas (d'élections). Ce que je sais, c'est que les Québécois nous demandent de travailler ensemble, ils veulent qu'on puisse faire un bon bout de chemin», a dit le chef intérimaire de l'opposition, Jean-Marc Fournier.

Même s'il écarte la tenue d'un scrutin pour l'instant, le député de Saint-Laurent n'hésite pas à remettre en question la compétence du gouvernement du Parti québécois.

Il juge en outre que les compressions budgétaires massives annoncées la veille par le Conseil du trésor vont entraîner non seulement une diminution des services à la population, mais aussi une baisse des revenus dans les coffres de l'État.

«Le gouvernement a choisi des coupes en matière d'économie et de soutien aux entreprises qui auront des effets sur les revenus de l'État. La conséquence de la politique du Parti québécois est d'affaiblir à long terme la capacité de l'État de générer des revenus suffisants pour supporter dans les prochaines années les services aux citoyens», a-t-il estimé.

Pour le leader libéral, les cachettes et les manigances constituent la marque de commerce du gouvernement en matière de communication comme l'ont démontré, selon lui, les nominations catastrophiques de Daniel Breton à la tête du ministère de l'Environnement et André Boisclair à titre de haut fonctionnaire.

La réaction étonnée de Mme Marois face au tollé soulevé par la double nomination d'André Boisclair _ le gouvernement a dû reculer sous la pression dans ce dossier _ illustre à quel point la chef péquiste est «déconnectée», a renchéri le leader de la CAQ.

«On a atteint le comble hier (jeudi) quand on a entendu Mme Marois dire qu'elle était surprise de la réaction des Québécois sur le contrat à vie, à 170 000 $, qu'elle avait donné à André Boisclair. Il faut vraiment, respectueusement, avoir quelqu'un qui est déconnecté de la réalité pour être surprise de la réaction de la population», a dit M. Legault.

Le séjour bref et désastreux de Daniel Breton à l'Environnement et la nomination controversée de l'ex-député péquiste Nicolas Girard à l'Agence métropolitaine de transports (AMT) ont aussi mis en lumière le manque de jugement de ce gouvernement, a fait valoir le chef caquiste.

«On ne peut pas gouverner le Québec par essais et erreurs. On essaie quelque chose, puis, si ça ne marche pas, on fait le contraire. À un moment donné, il faut essayer de réfléchir un petit peu avant d'agir et avoir un certain jugement. Je veux dire, comment se fait-il que le Parti québécois n'a pas vu que les Québécois sont tannés du copinage?», a-t-il lancé.

Confronté à la réalité, le Parti québécois a également dû jeter à la «poubelle» bon nombre d'engagements «qui relevaient de la science-fiction», a noté M. Legault, faisant allusion aux nombreux reculs du gouvernement depuis trois mois, notamment en matière fiscale.

Après un début prometteur, le gouvernement péquiste est vite retombé dans les vieilles ornières, a déploré de son côté la députée de Québec solidaire Françoise David.

«Il avait bien commencé, à notre avis, avec des annonces importantes qui allaient dans le sens de ses engagements électoraux. Malheureusement, le budget et le dépôt des crédits sont venus, à notre sens, défaire cette image de progressiste que ce gouvernement voulait s'accoler», a-t-elle dit.

Avec les coupes exigées dans le transport adapté, le logement social et la Curatelle publique, les plus pauvres de la société vont faire les frais du déficit zéro «à tout prix», a ajouté Mme David.

«Au nom d'un concept, d'une idée obsessionnelle d'atteinte du déficit zéro le plus vite possible et à tout prix, sans aller chercher de revenus additionnels dans les grandes entreprises et chez les contribuables à revenus élevés, bien le résultat, c'est que oui, les citoyens, dès l'hiver prochain, vont subir des coupes de services», a constaté la leader de gauche.

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