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Guerre aux abord de Damas, rencontre Clinton-Lavrov-Brahimi à Dublin

06/12/2012 10:37 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

La guerre faisait rage jeudi aux abords de la capitale syrienne, défendue avec acharnement par l'armée, au moment où la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton rencontrait son homologue russe Sergueï Lavrov et l'émissaire international Lakhdar Brahimi.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a estimé que le président syrien Bachar al-Assad devrait être "traduit en justice" s'il utilisait des armes chimiques, mais Damas a affirmé qu'il s'agissait d'un "grossier complot occidental" pour justifier une intervention militaire.

De son côté, le Royaume-Uni, qui a reconnu l'opposition comme "seul représentant" des Syriens a annoncé qu'il ferait pression sur ses partenaires européens pour modifier l'embargo sur les armes imposé par l'Union européenne à la Syrie, afin de permettre de livrer des armes aux rebelles.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins civils et militaire, l'artillerie a bombardé jeudi la banlieue de Damas, où des combats opposaient soldats et rebelles.

En début de soirée, une voiture piégée dans le quartier alaouite de Mazzé 86 à Damas a fait un mort et plusieurs blessés, a rapporté la télévision d'Etat.

Des renforts militaires ont été envoyés pour reconquérir Daraya, à l'ouest de la capitale: "Les troupes avancent petit à petit à Daraya mais l'Armée syrienne libre (ASL) se bat pied à pied pour les empêcher de progresser dans la ville", a expliqué un militant anti-régime de la ville contacté par l'AFP via Internet.

"Ils ont pu s'emparer de 30% de la localité et il y a de sérieuses inquiétudes sur ce qui arrivera s'ils réussissent à la prendre complètement", a ajouté ce militant se présentant sous le nom d'Abou Kinan.

L'agence officielle Sana a affirmé que l'armée poursuivait "les terroristes du Front al-Nosra, qui appartient à Al-Qaïda, à Daraya" et que la ville serait "bientôt totalement nettoyée des terroristes", terme par lequel les autorités désignent les rebelles.

A al-Safira, près d'Alep (nord), le Front islamiste al-Nosra s'est emparé d'une centrale électrique, selon l'OSDH. La télévision officielle a pour sa part annoncé que les rebelles avaient fait sauter une station de gaz alimentant la centrale, entraînant une coupure de courant à Alep.

Selon un bilan provisoire de l'OSDH, les violences ont fait jeudi au moins 42 morts, dont une vingtaine à Damas et dans sa périphérie. Depuis plus de 20 mois, 42.000 personnes, en majorité des civils, ont perdu la vie.

M. Ban a indiqué avoir envoyé mardi une lettre à M. Assad: "J'ai prévenu que, quoi qu'il arrive, quiconque utilisera des armes chimiques devra être traduit en justice", a-t-il expliqué.

James Miller, sous-secrétaire américain à la Défense, a répété que l'éventuelle utilisation d'armes chimiques était considérée comme la "ligne rouge" pour Washington, qui a déjà plusieurs fois menacé d'intervenir si cela se produisait.

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Moqdad, a affirmé à la chaîne libanaise al-Manar que tout cela "était une mise en scène".

"S'il y a des armes chimiques, elle ne seront pas utilisées contre notre peuple (...). Je crains qu'il s'agisse d'un complot occidental, mené de manière grossière à partir de Washington, afin de justifier une intervention militaire", a-t-il expliqué.

A Dublin, Mme Clinton rencontrait son homologue russe Sergueï Lavrov, un allié du régime syrien, et l'émissaire international pour la Syrie Lakhdar Brahimi.

Après une rencontre bilatérale dans la matinée avec le ministre russe, la secrétaire d'Etat américaine a accepté une invitation de M. Brahimi "à une rencontre triangulaire cet après-midi", a indiqué un responsable de son équipe sans plus de précision.

Au Liban voisin, très divisé sur le conflit qui déchire l'ancienne puissance tutélaire, onze personnes ont péri depuis mardi à Tripoli (nord) dans des accrochages entre habitants alaouites, partisans de M. Assad, et sunnites hostiles à son régime, selon une source de la sécurité.

Le président libanais Michel Sleimane a estimé dans la journée que le conflit en Syrie devait prendre fin sans intervention armée étrangère.

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