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Des dépenses en santé à limiter en sauvegardant les soins, dit l'Agence de Mtl

06/12/2012 12:37 EST | Actualisé 05/02/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - L'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal doit réduire la croissance de ses dépenses de 80 millions $ cette année et espère le faire sans toucher les soins aux usagers.

Cette compression de 80 millions $ pour 2012-2013 sera suivie d'une autre de 80 millions $ en 2013-2014, ont souligné des dirigeants de l'agence, au cours d'une rencontre avec la presse, jeudi.

«L'objectif n'est pas de faire plus avec moins, c'est de faire beaucoup mieux que ce qu'on fait actuellement», a affirmé François Lemoyne, directeur de la performance et de l'optimisation à l'agence.

Le tout doit être puisé à même le budget pour la santé à Montréal, qui est de 6,3 milliards $.

M. Lemoyne veut rassurer les citoyens qui craignent que les soins et services directs soient affectés. «Tout au contraire, ce qu'on essaie de faire, c'est de maximiser l'offre de services à la population», a-t-il dit.

L'Agence pense pouvoir trouver une bonne partie de ces compressions dans les dépenses administratives et de soutien, notamment les centres de traitement informatique, ainsi qu'en faisant davantage d'achats regroupés. Elle pense pouvoir épargner 11 millions $ dans l'approvisionnement en 2012-2013 et 4,7 millions $ en regroupant les centres de traitement.

Selon son évaluation, seulement 40 pour cent du potentiel d'achats regroupés est atteint dans les établissements de santé et 18 à 20 pour cent pour les fournitures médicales et chirurgicales.

Pour ce qui est des centres de traitement informatique, d'importants regroupements sont à prévoir et des postes seront touchés. «Il y a à Montréal 300 centres de traitement informatique, 300 salles de serveurs informatique, qui regroupent plus de 2800 serveurs. Il y a beaucoup de technologie. On pense qu'on peut faire beaucoup mieux», a opiné M. Lemoyne.

Personnel

En matière de personnel, l'Agence pense réduire le recours à la main-d'oeuvre indépendante, comme les agences privées d'infirmières, ce qui permettra aux établissements d'économiser. Il s'agit là d'une demande de longue date des syndicats d'infirmières, qui revendiquaient aussi une transformation des nombreux emplois précaires en postes véritables, qu'il s'agisse de postes à temps plein ou à temps partiel.

Pour 2012-2013, l'Agence pense économiser 2,1 millions $ en diminuant le recours à la main-d'oeuvre indépendante.

L'Agence veut également réduire les heures supplémentaires _ 1 million $ à épargner en 2012-2013 _ et resserrer les prestations d'assurance-salaire. L'Agence pense pouvoir économiser 3 millions $ dans cette «gestion de la présence au travail».

Là encore, M. Lemoyne laisse entendre que les travailleurs qui dispensent les soins directs aux patients ne seront pas surchargés de travail à cause des changements à venir.

«On ne demande pas d'augmenter la charge de travail du personnel. Ce n'est absolument pas ce qu'on essaie de faire. Mais, dans certains cas, il y a des standards qu'on va vouloir regarder. Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas d'impact sur le personnel; c'est une tâche colossale qu'on demande à notre personnel, de revoir certaines habitudes, certaines préférences et d'utiliser les meilleures pratiques», a-t-il dit.

Déjà, des syndicats ont protesté contre les nouvelles méthodes de travail, qui font, par exemple, que des tâches comme l'évaluation des besoins d'une personne pour les soins à domicile sont chronométrées pour s'assurer d'«optimiser» les ressources.

M. Lemoyne assure que les soins à domicile ne seront pas restreints, au contraire. «Non, on ne va chercher aucun argent dans les soins à domicile. Tout ce qu'on fait, c'est réinvestir. On va optimiser l'usage des ressources qu'on a, mais l'objectif, c'est d'augmenter de 10 pour cent les services qu'on offre du côté du soutien à domicile», a-t-il précisé.

Fait à noter, en plus de ces 80 millions $ déjà annoncés, l'Agence devra réduire ses dépenses de 35,4 millions $ d'ici la fin du présent exercice, à la suite du dernier budget Marceau. Cette fois, elle pense pouvoir le faire en reportant des programmes et initiatives.

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