POLITIQUE

Les municipalités du Québec s'unissent contre la réforme de l'assurance-emploi

05/12/2012 04:46 EST | Actualisé 04/02/2013 05:12 EST
AP
Unemployed Greeks wait in a long line at a state labor office to collect benefit checks, in Athens, on Monday, Oct. 24, 2011. Waiting times were lengthened by a computer system glitch early Monday. Greece, expecting a fourth year of recession in 2012, is suffering from a rapid rise in unemployment _ now at 16.5 percent _ and drop in living standards. (AP Photo/Thanassis Stavrakis)

OTTAWA - Les municipalités du Québec demandent au gouvernement fédéral de faire marche arrière avec sa réforme controversée de l'assurance-emploi, sans quoi les régions s'appauvriront inexorablement, selon elles.

Dans les discussions des préfets des MRC réunis en assemblée à Québec cette semaine, la réforme mal aimée a pris toute la place, si bien qu'ils ont décidé de faire front commun sur le dossier.

C'est qu'ils sont nombreux à écouter les inquiétudes des travailleurs craignant être forcés d'accepter un travail mal payé et peu qualifié. Et ils entendent aussi les doléances d'employeurs qui appréhendent maintenant un exode massif de la main-d'oeuvre.

«Ça va provoquer de l'exode et ça va déstructurer l'économie de la région», a déploré Bertrand Berger, préfet de la MRC d'Avignon, en Gaspésie.

«Si on fait exprès de vider la région, c'est certain que ça va avoir un effet sur le tissu social», a-t-il ajouté.

«C'est une attaque inqualifiable à l'occupation des territoires. Les dispositions (de la réforme) malheureusement ne tiennent, en aucun cas, compte des réalités des économies locales», a renchéri le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux.

Le gouvernement de Stephen Harper a mis en branle une importante réforme de l'assurance-emploi qui modifie les règles du jeu pour y avoir droit.

Un chômeur devra notamment prouver qu'il est activement à la recherche d'un emploi pour toucher ses prestations. S'il appartient à une certaine catégorie de chômeurs, il devra accepter tout emploi pour lequel il est qualifié dans un rayon de 100 kilomètres de son domicile, et ce, même si le salaire ne représente que 70 pour cent de son salaire antérieur.

Pour les représentants des MRC, il s'agit ni plus ni moins de «discrimination» à l'égard des travailleurs saisonniers, mais également envers les industries qui dépendent largement de la main-d'oeuvre saisonnière.

À leurs yeux, les pêches, la foresterie, l'agriculture et le tourisme seront touchés de plein fouet par les modifications à l'assurance-emploi de la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, Diane Finlay.

«On frappe le chômeur au lieu de s'attaquer au chômage. Dans une région comme la nôtre, la foresterie n'a pas été beaucoup privilégiée par le gouvernement fédéral au cours des dernières années», a souligné Roger Lapointe, préfet de la MRC d'Antoine-Labelle, dans les Laurentides.

Le préfet de Témiscamingue, Arnaud Warolin, se désole également de la perte d'expertise liée au départ des travailleurs et de leurs familles. «Ça veut dire que nos employeurs — en forêt, en agriculture ou en tourisme — l'année prochaine vont devoir recommencer à zéro, retrouver des gens et ça va leur apporter une grosse difficulté économique», a-t-il noté.

Au bureau de la ministre Finlay, on s'est fait rassurant, sans toutefois s'engager à revoir la réforme en cours.

«Tous les changements et les exigences seront des mesures raisonnables et élémentaires visant à aider les Canadiens à retourner au travail plus rapidement», a signalé Alyson Queen, directrice des communications de Mme Finlay.

«Nous savons que la situation de chaque personne est différente, et nous tiendrons toujours compte de ce fait», a-t-elle ajouté.

M. Généreux affirme avoir sollicité une rencontre avec la ministre il y deux mois. Sa demande est restée sans réponse.

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