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L'OTAN va déployer des systèmes antimissiles Patriot en Turquie

04/12/2012 01:18 EST | Actualisé 03/02/2013 05:12 EST

BRUXELLES - L'OTAN a annoncé mardi le déploiement de systèmes antimissiles Patriot près de la frontière sud de la Turquie, afin de renforcer la sécurité dans la région face aux menaces d'attaques transfrontalières de la Syrie.

Les 28 pays membres de l'alliance ont décidé de limiter l'utilisation des missiles Patriot à des fins exclusivement défensives, afin d'intercepter les obus de mortier et les tirs d'artillerie en provenance de la Syrie, qui ont déjà tué cinq Turcs.

Mais cette annonce semble aussi être un message adressé au président syrien Bachar el-Assad, au moment où les États-Unis et d'autres gouvernements craignent que le régime syrien se prépare à utiliser ses armes chimiques.

«Nous soutenons la Turquie dans un esprit de grande solidarité», a déclaré le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, à Bruxelles. «À ceux qui voudraient attaquer la Turquie, nous leur disons: "n'envisagez même pas cette idée".»

M. Rasmussen a souligné que le déploiement des systèmes de défense Patriot, qui comprennent des missiles, des radars et d'autres éléments, n'était pas la première étape d'une quelconque zone d'exclusion aérienne en Syrie, ni d'une éventuelle opération militaire contre le régime syrien.

Mais la décision de déployer des systèmes de missiles rapproche les États-Unis et leurs partenaires européens de la guerre en Syrie. Du matériel militaire fabriqué aux États-Unis pourrait ainsi être utilisé contre le régime syrien pour la première fois.

Les responsables ont indiqué que les missiles Patriot seraient programmés pour intercepter exclusivement des tirs d'artillerie syriens susceptibles d'entrer dans l'espace aérien turc. Ils ne seront pas autorisés à pénétrer en territoire syrien, même de manière préventive, ont précisé des responsables de l'OTAN.

Cela signifie donc que les missiles n'auront pas d'effet immédiat sur les offensives des forces gouvernementales syriennes qui resteront à l'intérieur des frontières nationales.

M. Rasmussen a néanmoins souligné que les systèmes antimissiles Patriot pourraient aider à apaiser les tensions le long de la frontière entre la Turquie et la Syrie, qui ont entraîné le déplacement de dizaines de milliers de Syriens. La zone est considérée comme un point de transit majeur pour les armes transférées en contrebande aux rebelles syriens.

L'Allemagne et les Pays-Bas devraient fournir à la Turquie plusieurs batteries antimissiles PAC-3, la plus récente version du système de défense aérienne Patriot. Les États-Unis fourniront le matériel manquant, qui proviendra probablement de leurs stocks en Europe.

Mais les détails précis du déploiement et le nombre de batteries concernées doivent encore être décidés par l'OTAN. Une équipe étudie les possibles lieux de déploiement en Turquie, tandis que les législateurs d'Allemagne et des Pays-Bas devront approuver le transfert du matériel, ainsi que la possible implication de centaines de soldats.

Compte tenu de leur complexité et de leur taille, les systèmes antimissiles Patriot ne pourront être transportés rapidement par avion en Turquie et devront probablement voyager par la mer, selon des responsables de l'OTAN. Les missiles n'arriveront pas en Turquie avant au moins un mois, ont-ils prédit.

L'OTAN a déjà installé des batteries de défense aérienne en Turquie à deux reprises par le passé, pendant l'invasion du Koweït en 1991 et pendant l'invasion de l'Irak en 2003. Elles n'ont pas servi et ont été retirées après quelques mois.

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