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L'idée d'un championnat soviétique gagne du terrain

04/12/2012 11:14 EST | Actualisé 03/02/2013 05:12 EST

L'idée de créer un nouveau championnat de football avec des équipes de Russie et d'autres Etats de l'ex-URSS gagne du terrain avec le soutien affiché par de hauts responsables pour faire revivre la Ligue soviétique de l'époque.

Les républiques de l'ancienne Union soviétique avaient chacune lancé leur championnat national après la chute du Rideau de fer en 1991.

Mais depuis, de nombreux supporteurs se plaignent qu'aucune de ces compétitions ne soit encore arrivée au niveau de l'ancienne Ligue soviétique.

En dépit d'investissements massifs à coups de pétrodollars et autres fonds versés par des oligarques, les responsables russes sont forcés de constater que le championnat national est loin de rivaliser avec les Championnats en Angleterre ou en Italie.

"Un championnat où les meilleures équipes de quatre ou cinq pays de la CEI (Communauté des Etats Indépendants -- la plupart des pays l'ex-URSS, ndlr) se disputeraient le titre serait plus spectaculaire et plus intéressant", a déclaré le chef de l'administration présidentielle russe, Sergueï Ivanov, à l'agence Interfax.

"Je sais que les Ukrainiens veulent jouer dans une Ligue plus forte", a ajouté cet influent dirigeant proche du président Vladimir Poutine.

L'amélioration du niveau du championnat national est une priorité pour la Russie dans la perspective de la Coupe du monde qu'elle organisera en 2018.

Nombre de supporteurs dans les pays de l'ex-URSS se souviennent encore des rencontres opposant les formations moscovites du Spartak, CSKA et Dynamo contre celles des clubs ukrainiens tels le Dynamo Kiev et Dniepropetrovsk, ou encore les meilleures équipes du Bélarus, d'Arménie et de Géorgie.

Les rencontres de la toute première Ligue des champions d'URSS en 1994 entre le Spartak Moscou et le Dynamo Kiev s'étaient jouées à guichets fermés dans le stade Loujniki de Moscou et le stade olympique de Kiev.

L'idée de recréer une Ligue soviétique a reçu un autre soutien de poids en Russie: Alexei Miller, patron du géant Gazprom et propriétaire du Zenit Saint-Pétersbourg, le club le plus riche du pays, a averti la semaine dernière que son équipe pourrait quitter le championnat national pour une nouvelle Ligue regroupant des équipes de l'ex-URSS.

"Si tous les pays de la CEI évoluaient dans un tel championnat, ce serait vraiment superbe", a estimé Miller.

"Je crois que les clubs russes et ukrainiens sont capables de former la colonne vertébrale de cette Ligue", a-t-il dit.

Le riche club d'Anzhi Makhachkala, entraîné par le Néerlandais Guus Hiddink, s'est lui aussi dit intéressé par ce projet.

"C'est une idée raisonnable et intéressante", a récemment déclaré son manager général, Aivaz Kaziakhmedov, au quotidien Sport Express.

"Anzhi est très intéressé par un tel championnat à la fois d'un point de vue sportif et commercial", a-t-il souligné.

Et l'UEFA, longtemps opposée à une telle idée, aurait changé d'avis.

Cependant, même en cas d'approbation du projet par l'instance européenne du football, des questions restent sans réponse, en particulier la manière de déterminer quels clubs -- parmi les formations de différents pays -- participeraient aux compétitions européennes.

En outre, le projet devrait être avalisé aussi par la Fifa, dont les règles sont encore plus strictes que celle de l'UEFA.

De plus, certains responsables du football en Russie ne sont pas favorables à l'idée de voir émerger une nouvelle ligue regroupant les meilleurs clubs de l'ex-URSS, tandis que les autres évolueraient dans une ligue nationale.

af/bfi/ep

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