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USA: un conseiller spirituel hassidique jugé à New York pour abus sexuel

03/12/2012 06:12 EST | Actualisé 02/02/2013 05:12 EST

La mère d'une adolescente accusant d'abus sexuel un conseiller spirituel de la communauté juive ultra-orthodoxe de New York a témoigné lundi qu'elle ne l'aurait jamais suspecté d'une telle conduite, vu les restrictions très strictes en la matière qu'impose leur communauté.

Le procès de Nechemya Weberman, 54 ans, qui a démarré la semaine dernière, a levé le voile sur la branche Satmar de cette communauté généralement très fermée, qui se concentre dans l'arrondissement de Brooklyn.

Weberman, barbe traditionnelle hassidique et vêtements noirs, est accusé d'avoir abusé de la jeune fille pendant trois ans, commençant en 2007 quand elle avait 12 ans.

Rachel Krausz, sa mère, lui avait envoyé sa fille pour des séances de conseil, car l'école trouvait qu'elle avait des problèmes de comportement.

Weberman était un membre respecté de la communauté.

"Pensiez-vous qu'ils seraient seuls derrière une porte fermée" ? lui a demandé le procureur du tribunal de Brooklyn.

"Non" a répondu la mère.

Krausz a expliqué que pour sa communauté, où les sexes sont strictement séparés, les relations sexuelles hors mariage étaient un sujet tabou. Et qu'il n'y avait "jamais" d'éducation sexuelle, ni à la maison, ni à l'école.

Selon elle, sa fille avait du mal à accepter les règles qui veulent que les filles soient vêtues de manière modeste, avec des bas épais.

"Pour elle c'était difficile. Ils regardaient des choses sans intérêt, comme l'épaisseur des bas. Ils touchaient les bas, pour en voir la qualité", a-t-elle expliqué.

Et sa fille avait été réprimandée, pour avoir ouvert le premier bouton de sa chemise. "Le principal l'a appelée epikorus", c'est à dire hérétique, a expliqué la mère.

Selon l'accusation, Weberman a profité des séances avec celle qu'il n'était pas encore une adolescente pour l'abuser sexuellement. La jeune fille n'a pendant longtemps pas osé parler.

Selon la défense, elle a fabriqué cette histoire, pour se venger de Weberman qui avait informé ses parents qu'elle avait une relation amoureuse avec un jeune homme, ce qui est interdit dans sa communauté.

Il est extrêmement rare que de telles accusations d'abus dans cette communauté ultra-orthodoxe soient jugées. En partie, selon les autorités, parce que les victimes sont l'objet de mesures d'intimidation.

La semaine dernière, quatre proches de M. Weberman ont ainsi été interrogés, après avoir pris des photos au tribunal, notamment de l'adolescente qui n'est pas identifiée.

Le Judge John Ingram a alors ordonné qu'aucun téléphone portable ne soit autorisé dans la salle d'audience.

Mme Krausz a ajouté lundi que sa famille avait subi des pressions, car certains ont considéré qu'elle avait brisé la loi du silence. "Dans la communauté Satmar, c'est une mauvaise chose. Ils ne le permettent pas".

Elle a ajouté que les affaires de son mari en avaient souffert, que d'autres lui criaient dessus lorsqu'il allait prier à la synagogue, et que sa petite-fille de 5 ans n'avait pas été autorisée à retourner à l'école.

Dans la salle d'audience, les bancs étaient remplis d'hommes barbus en costume traditionnel et de femmes dont certaines portaient perruque.

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