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Se sentant «trahi», le maire de Verdun, Claude Trudel, quitte la politique

03/12/2012 12:57 EST | Actualisé 02/02/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Se disant trahi par d'ex-membres de son parti, le maire de l'arrondissement montréalais de Verdun, Claude Trudel, a annoncé lundi matin qu'il met un terme à sa carrière politique de 40 ans.

«J'ai été trahi par ceux qui ont quitté Union Montréal dans la semaine qui a suivi le départ de [l'actuel maire de Montréal] Michael Applebaum. Ils sont partis pour aller se chercher des 'jobs'», a-t-il lancé, en entrevue à La Presse Canadienne.

À l'issue d'une réflexion entamée l'été dernier et ravivée par le départ de l'ex-maire Gérald Tremblay le 6 novembre dernier, l'élu d'Union Montréal quittera officiellement ses fonctions ce mardi, au terme de la séance ordinaire du conseil d'arrondissement de Verdun.

Dans un communiqué, M. Trudel dénonce le départ «précipité» de Gérald Tremblay et «l'incroyable cirque qui s'en est suivi». Selon lui, «rien n'aura été épargné à Union Montréal au nom du Renouveau, du Grand Nettoyage et de la nécessité de la Grande Coalition».

Ainsi, selon M. Trudel, la dizaine d'élus d'Union Montréal qui ont quitté le parti ne l'ont pas fait parce que la formation politique est «pourrie», mais bien parce que «la mode était aux candidats indépendants plutôt qu'aux candidats de parti».

«Depuis trois semaines, j'observe que le premier but des indépendants, c'est de se rebâtir un parti. C'est curieux de quitter un parti au nom de l'indépendance, puis d'en bâtir un autre. Je suis incapable de travailler avec des gens qui ont trahi ma confiance», a-t-il résumé.

M. Trudel évoque le devoir moral de partir, car, selon lui, les objectifs personnels de «nombreux politiciens» l'emportent à présent sur le bien collectif, les allégeances sont au service des ambitions — et non des idées —, et les promesses se transforment en trahisons.

À propos du nouveau maire Applebaum, lui aussi un ancien conseiller municipal d'Union Montréal, M. Trudel explique qu'il est surtout dérangé par «sa façon de bâtir une coalition et de la mener».

«Une coalition à trois partis, à mon avis, c'est une coalition où il y a une égalité, mais on [les élus d'Union Montréal] a eu des postes peu importants», observe-t-il, avant d'ajouter que M. Applebaum a un ton «cassant» envers les membres de son ancien parti, et qu'il est en train de «changer complètement» le rapport de force entre les arrondissements qui représentent l'ex-ville de Montréal et ceux représentant l'ex-banlieue.

Claude Trudel avait déjà démissionné lundi dernier de son poste de président de l'Assemblée du conseil d'agglomération de Montréal.

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