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03/12/2012 02:26 EST | Actualisé 02/02/2013 05:12 EST

Les États-Unis et plusieurs pays d'Europe condamnent la colonisation israélienne

JÉRUSALEM - Le gouvernement israélien a rejeté, lundi, les condamnations internationales de son projet visant à construire des milliers de nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, jurant de poursuivre les constructions malgré l'opposition des États-Unis et de plusieurs pays européens.

La réaction du bureau du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, risque de creuser davantage le fossé entre Israël et certains de ses plus proches alliés, après la reconnaissance de la Palestine comme un État par l'ONU la semaine dernière. La décision de l'Assemblée générale des Nations unies semble avoir donné lieu à des prises de position internationales plus sévères à l'égard des colonies israéliennes dans les territoires occupés.

Les ambassadeurs israéliens au Royaume-Uni, en France, en Espagne, en Suède et au Danemark ont été convoqués par les gouvernements de ces pays lundi pour des explications. Des responsables européens ont prévenu que des mesures pourraient être prises contre Israël.

Le premier ministre italien, Mario Monti, et le président français, François Hollande, ont publié un communiqué commun dans lequel ils se disent «profondément préoccupés» par les projets israéliens de colonisation. Les deux dirigeants, qui se sont rencontrés à Lyon, en France, ont qualifié les décisions israéliennes de «graves et illégales» et ont estimé qu'elles représentaient «un obstacle sérieux» à la paix dans la région.

Les États-Unis ont estimé que la décision du gouvernement israélien de poursuivre la colonisation était «particulièrement nuisible» pour le processus de paix au Proche-Orient. Mais le Canada a refusé de se joindre aux condamnations internationales.

L'Assemblée générale de l'ONU a approuvé la semaine dernière une résolution reconnaissant un État palestinien composé de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est, des territoires occupés par Israël depuis la guerre de 1967.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, refuse de revenir aux frontières de 1967. Son gouvernement craint par ailleurs que les Palestiniens se servent de leur nouveau statut à l'ONU pour se joindre à la Cour pénale internationale et poursuivre Israël pour crimes de guerre.

Mais Israël n'a rallié que huit pays dans son opposition à la résolution, dont les États-Unis et le Canada, un vote qui est considéré comme un rejet de la colonisation israélienne par la communauté internationale. Les alliés européens d'Israël (le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie et la France) se sont abstenus ou ont voté en faveur de la demande palestinienne.

Israël a condamné ce vote, qu'il considère comme une tentative des Palestiniens de contourner les négociations. Le gouvernement Nétanyahou affirme que la résolution empêchera la conclusion d'un accord sur les frontières en endossant les revendications territoriales des Palestiniens.

La réaction israélienne au vote de l'ONU a été rapide et forte. Quelques heures seulement après le vote de jeudi, le gouvernement israélien a annoncé son projet de construire 3000 nouvelles résidences dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Il a également annoncé son intention d'entamer des travaux de construction dans le secteur sensible E1, près de Jérusalem, qui auraient pour effet de couper la Cisjordanie en deux.

Le gouvernement israélien a également décidé de suspendre les habituels transferts de taxes à l'Autorité palestinienne et de se servir de l'argent pour régler les dettes palestiniennes chez les prestataires de services israéliens.

Un haut responsable palestinien, Nabil Shaath, a salué les pays européens lundi pour leur condamnation de la colonisation israélienne.

«Nous attendions ce genre de réaction depuis longtemps», a dit M. Shaath. «Que cela vienne de la France et du Royaume-Uni est très bénéfique pour nous. Nous l'apprécions beaucoup et nous espérons que les États-Unis suivront la même voie.»

Le gouvernement américain a réagi plus tard dans la journée. La Maison-Blanche et le département d'État ont déclaré que les projets de colonisation étaient contraires à la politique des États-Unis au Proche-Orient, en particulier les projets qui concernent le secteur E1.

«Nous réitérons notre opposition de longue date aux activités israéliennes de colonisation et aux constructions à Jérusalem-Est», a déclaré le secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Jay Carney. «Nous nous opposons à toutes les actions unilatérales (...) qui compliquent les efforts visant à relancer des négociations bilatérales directes et qui risquent de déterminer à l'avance l'issue de ces négociations. Cela inclut les constructions dans la zone E1», a ajouté M. Carney.

Le porte-parole du département d'État, Mark Toner, a quant à lui déclaré que les projets de construction dans la zone E1 étaient «particulièrement nuisibles» pour la reprise des pourparlers de paix.

Environ 500 000 Israéliens vivent aujourd'hui dans les colonies et les quartiers colonisés de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. La poursuite des constructions complique la partition du territoire, d'autant plus que les Palestiniens font du gel de la colonisation une condition préalable à la reprise des négociations.

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