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03/12/2012 11:30 EST | Actualisé 02/02/2013 05:12 EST

Le FMI admet que trop de flux de capitaux peut être "risqué"

Le FMI a admis lundi que la libéralisation des flux de capitaux, qu'il a longtemps prônée, faisait peser des "risques" sur certains pays et a jugé que des mesures de contrôle pouvaient s'avérer "utiles" afin d'enrayer la formation de bulles spéculatives.

"Il n'est pas acquis qu'une libéralisation totale (des flux de capitaux, ndlr) soit un objectif approprié pour tous les pays et à toutes les époques", écrit le Fonds monétaire international dans un rapport sur un sujet de discorde récurrent entre ses 188 Etats-membres.

Depuis plusieurs mois, les pays émergents assurent être déstabilisés par des mouvements de capitaux volatils qui seraient alimentés par les plans de relance massifs opérés en Occident (taux d'intérêts nuls, rachats d'obligations d'Etat...).

"La libéralisation des flux de capitaux comporte des risques, qui sont amplifiés quand les pays (qui en sont les destinataires, ndlr) n'ont pas encore atteint un degré suffisant de développement de leur système financier", écrit le Fonds dans ce rapport.

Selon l'institution, la crise a montré que les pays ouverts de longue date aux capitaux n'étaient, eux non plus, pas à l'abri. "Dans certains pays avancés en Europe, la régulation financière n'a pas su empêcher la formation de bulles financières intenables", indique le rapport.

Ardent avocat de la libéralisation des échanges, le Fonds infléchit du coup considérablement sa position en reconnaissant notamment que ce processus "a souvent" été suivi par des crises financières (au Mexique en 1994-95, en Turquie en 1994...).

"Durant les crises récentes, les économies moins ouvertes ont subi moins de pertes de richesse", écrit même le FMI.

Dans ce contexte, il ne voit désormais plus d'un si mauvais oeil les mesures prises par certains pays (tels le Brésil et l'Islande) pour restreindre les flux de capitaux et atténuer leurs effets néfastes sur l'économie (appréciation de la monnaie, bulles immobilières).

"Quand un pays fait face à un brusque afflux ou une fuite de capitaux, l'introduction de mesures de contrôle peut être appropriée en fonction des circonstances", indique le FMI, tout en jugeant que ces mesures ne sauraient remplacer les réformes économiques nécessaires.

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