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03/12/2012 09:31 EST | Actualisé 02/02/2013 05:12 EST

Le chef de l'UIT rassure sur la liberté d'expression sur internet

Le secrétaire général de l'Union internationale des Télécommunications (UIT) a affirmé lundi qu'une révision du Règlement des télécommunications internationales (RTI), au centre d'une conférence à Dubaï, ne devrait pas toucher à la liberté d'expression sur internet.

Les craintes sur cette liberté sont "complètement (infondées)", a déclaré Hamadoun Touré, interrogé par l'AFP, ajoutant que "c'est une mauvaise manière d'attaquer" la conférence mondiale des télécommunications internationales, qui s'est ouverte à Dubaï pour réviser le RTI, en vigueur depuis 1988.

S'adressant aux participants, il a exclu toute remise en cause de la liberté d'expression sur internet.

"Rien ne peut arrêter la liberté d'expression dans le monde d'aujourd'hui, et rien dans cette conférence ne touchera à cela", a-t-il dit, ajoutant: "Je n'ai rien dit sur le contrôle de l'internet".

Dans un message vidéo adressé aux participants, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-Moon, a souligné que l'objectif de la conférence devrait "être d'assurer l'accès universel aux technologies de l'information et de la communication pour les deux tiers des habitants de la planète qui n'ont pas accès à l'Internet".

"Nous devons continuer à travailler ensemble et à trouver un consensus sur la façon la plus efficace pour garder l'espace internet ouvert, accessible, abordable et sécurisé", a-t-il ajouté.

Le moteur de recherches Google a mis en garde contre de graves répercussions sur l'internet si des propositions faites par des Etats membres sont approuvées à la conférence de Dubaï, y compris en matière de censure.

"Certaines propositions pourraient permettre aux gouvernements de censurer des matières légitimes, ou même couper l'accès à l'internet", a indiqué Bill Echikson, directeur de Google pour la liberté d'expression en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, dans un communiqué vendredi.

Le géant de l'internet fait valoir aussi que l'UIT, l'agence des Nations unies pour les technologies de communication et de l'information, n'est pas l'organe approprié pour traiter des questions d'internet.

"Bien que l'UIT ait aidé le monde à gérer les fréquences radio et les réseaux téléphoniques, ce n'est pas le bon endroit pour prendre des décisions concernant l'avenir de l'internet, a averti M. Echikson, rappelant que "seuls les gouvernements ont un droit de vote à l'UIT".

Mais M. Touré, dont l'organisation compte 193 Etats membres et plus de 700 institutions académiques et du secteur privé, a souligné que toutes les décisions à l'UIT se prennent "par consensus".

Google a indiqué la semaine dernière que certains projets d'amendement du RTI "pourraient augmenter la censure et menacer l'innovation".

D'autres projets "exigeraient de services comme YouTube, Facebook et Skype de payer de nouveaux droits afin d'atteindre les personnes à travers les frontières, ce qui pourrait limiter l'accès à l'information, en particulier sur les marchés émergents", a-t-il averti.

Google soutient ainsi la position américaine selon laquelle le système des multiples intervenants non-gouvernementaux dans l'internet devrait rester inchangé.

Mais M. Touré a souligné que la conférence n'évoquerait pas les tarifs proposés. "Nous n'allons pas en discuter", a-t-il dit à l'AFP.

La conférence est organisée par les Emirats arabes unis, l'un des pays qui censurent le contenu d'internet, bloquent la dissidence politique et les documents sexuels.

De nombreux Etats imposent déjà une stricte censure sur le contenu de l'internet dans leur pays, sans chercher à obtenir l'autorisation de l'UIT.

ak/tm/hj

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