NOUVELLES
03/12/2012 01:46 EST | Actualisé 02/02/2013 05:12 EST

La CVMO accuse Ernst & Young pour sa vérification de la chinoise Sino-Forest

TORONTO - La Commission des valeurs mobilières de l'Ontario (CVMO) a accusé lundi la firme comptable Ernst and Young d'avoir échoué dans ses vérifications de la société forestière chinoise Sino-Forest, qui s'est depuis écroulée face à plusieurs allégations d'importante fraude.

Les autorités réglementaires de la province reprochent à la firme de ne pas avoir réalisé leurs vérifications de la société conformément aux normes de l'industrie.

La CVMO a en outre accusé la société de comptabilité de ne pas en avoir fait assez pour confirmer l'existence des actifs les plus significatifs de Sino-Forest et de ne pas avoir procédé à ses vérifications avec un «niveau suffisant de scepticisme professionnel».

Selon la déclaration d'accusation produite par la commission ontarienne, Ernst and Young n'a pas su réagir adéquatement face à un certain nombre de faits et de découvertes qui ont été portés à leur attention dans le cours du processus de vérification des déclarations financières.

Les allégations de la CVMO n'ont pas été prouvées en cour.

Ernst and Young a indiqué qu'elle avait coopéré avec la CVMO à travers le déroulement de l'enquête sur Sino-Forest.

La firme de comptabilité s'est en outre dite confiante vis-à-vis de son travail, qui a été réalisé, selon elle, conformément aux normes comptables généralement reconnues et qui respectait les normes professionnelles.

Ernst and Young entend présenter à la CVMO des preuves pour démontrer le sérieux de son travail visant à vérifier la propriété et l'existence des actifs forestiers de Sino-Forest.

Sino-Forest a levé quelque trois milliards $ entre février 2003 et octobre 2010 auprès d'investisseurs par l'entremise de divers titres de dettes et valeurs mobilières.

La société a été dénoncée l'an dernier par la firme de recherche Muddy Waters Research, qui voyait en elle une importante tromperie, ce qui a convaincu la CVMO et la Gendarmerie Royale du Canada d'enquêter à son sujet.

Sino-Forest et plusieurs de ses anciens dirigeants ont depuis été accusé d'avoir menti à des enquêteurs et d'avoir tenté de tromper des enquêteurs.

Ernst and Young a démissionné en tant que vérificateur de Sino-Forest le 13 avril.

Autrefois la société forestière la plus valorisée à la Bourse de Toronto — à plus de six milliards $ — Sino-Forest s'est depuis placée sous la protection des tribunaux contre la faillite et travaille à se restructurer en vertu de la Loi des arrangements avec les créanciers des compagnies.

PLUS:pc