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03/12/2012 04:40 EST | Actualisé 01/02/2013 05:12 EST

La banlieue de Damas bombardée, Erdogan reçoit Poutine pour évoquer la Syrie

La banlieue de Damas était lundi sous le feu de l'aviation syrienne qui tente d'en déloger les rebelles, avant une rencontre cruciale entre le président russe Vladimir Poutine, allié du régime, et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, partisan de la rébellion.

La visite de M. Poutine intervient dans un contexte de tensions entre les deux pays, notamment après l'interception en octobre par Ankara d'un avion de ligne syrien venant de Moscou et soupçonné de livrer des armes à Damas.

La Russie, l'un des soutiens du régime syrien qui bloque les projets de résolution du Conseil de sécurité le condamnant, a affirmé qu'il s'agissait d'équipements radar qui n'étaient pas interdits par les conventions internationales.

Moscou a également critiqué la demande d'Ankara de déployer des missiles Patriot de l'Otan le long de sa frontière avec la Syrie, déchirée depuis 20 mois par des violences, estimant que cela augmentait le risque de contagion du conflit.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Alliance devraient sans surprise répondre positivement mardi à la demande turque formulée après la mort de cinq civils dans un village limitrophe atteint par des obus syriens, selon des sources diplomatiques.

Un délai de plusieurs semaines sera toutefois nécessaire pour la mise en place des batteries anti-missiles, selon un haut responsable américain.

Sur le terrain, l'armée syrienne bombardait les quartiers sud de Damas ainsi que sa banlieue où son aviation menait des raids, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La banlieue de Damas est désormais au coeur des combats, le régime ayant lancé jeudi une opération militaire pour reconquérir un rayon de huit kilomètres autour la capitale, qu'il veut à tout prix conserver pour être en position de négocier une issue au conflit, selon les experts.

Dans le sud de la capitale, l'aviation a pilonné Beit Sahem et ses vergers, où de violents combats opposaient soldats et rebelles au sol, de même qu'à Babbila et à Harasta, a ajouté l'OSDH.

Dans la nuit, l'artillerie avait pilonné la Ghouta orientale, la campagne bordant la capitale, traversée par la route de l'aéroport international gagnée jeudi pour la première fois en 20 mois de conflit par de violents combats.

Le journal proche du pouvoir Al-Watan avait promis dimanche "l'enfer" à ceux qui songeraient à attaquer Damas. Lundi, il faisait état de nouvelles "opérations de qualité de l'armée" qui a tué de nombreux "terroristes", terme par lequel Damas désigne les rebelles.

"Pour continuer de sécuriser la route de l'aéroport international de Damas du côté sud, l'armée poursuit sa progression sur l'axe al-Houjeira, Aqraba, Beit Sahem", rapporte le quotidien.

Il souligne par ailleurs que "la compagnie Egypt Air a annoncé qu'elle reprenait ses vols vers Damas et Alep après une interruption de trois jours à cause des affrontements entre l'armée et les groupes armés qui avaient tenté sans succès de couper la route de l'aéroport".

Al-Watan évoque également Hama, une ville du centre du pays où semble s'ouvrir un nouveau front, avec des combats qui ont éclaté dimanche et des renforts militaires envoyés lundi, selon l'OSDH.

Pour le journal, "les groupes armés imposent depuis deux jours une grève générale aux commerçants par les forces des armes".

Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a expliqué à l'AFP que ces affrontements étaient "très significatifs car ils montrent que malgré le contrôle total de l'armée et des forces de sécurité sur la ville (après des manifestations monstres à l'été 2011), les rebelles sont parvenus à s'infiltrer".

Dimanche, 180 personnes ont péri à travers la Syrie, selon un bilan de l'OSDH, qui a recensé plus de 41.000 morts dans le pays en 20 mois de violences.

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