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Elections contestées: l'opposition koweïtienne appelle à manifester samedi

03/12/2012 02:45 EST | Actualisé 01/02/2013 05:12 EST

L'opposition koweïtienne a appelé ses partisans à une manifestation samedi pour protester contre l'élection d'un Parlement à la solde du pouvoir, lors d'un scrutin qu'elle a boycotté ce week-end.

"Par respect pour la volonté de la nation et afin de réaffirmer sa détermination à regagner sa souveraineté, nous annonçons la tenue d'une manifestation le 8 décembre", ont écrit des membres de l'opposition lundi sur Twitter.

L'opposition koweïtienne, qui rassemble des islamistes, des nationalistes et des libéraux, avait déjà réclamé dimanche la dissolution du Parlement issu des élections législatives de la veille, pour lesquelles elle n'avait pas présenté de candidat et avait appelé les électeurs à s'abstenir.

La minorité chiite, qui n'a pas participé au boycott du scrutin, s'est taillé la part du lion dans le nouveau Parlement, qualifié par l'opposition d'"illégitime" parce qu'élu selon un nouveau mode de scrutin contesté.

Le chef de la Commission nationale électorale, Ahmad al-Ajil, a annoncé lundi que le taux de participation au scrutin était de 39,7%. Selon l'opposition, ce taux n'est que de 26,7%.

Dans les semaines précédent les élections, l'opposition, qui avait remporté 36 des 50 sièges de la Chambre dissoute en juin, avait organisé trois grandes manifestations, dont deux avaient été violemment dispersées par la police.

L'opposition réclame des réformes de fond pour réduire l'emprise de la famille régnante sur les rouages de l'Etat, avec un gouvernement issu de la majorité parlementaire et une meilleure lutte contre la corruption. En revanche, elle n'a jamais contesté le règne des Al-Sabah, au pouvoir depuis plus de 250 ans.

Conformément à la Constitution, le gouvernement a présenté lundi sa démission à l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, qui l'a acceptée et l'a chargé de gérer les affaires courantes du pays jusqu'à la formation d'un nouveau cabinet, selon l'agence officielle Kuna.

Ce cabinet doit être formé avant que le nouveau Parlement n'ouvre sa première session dans deux semaines.

Cheikh Jaber avait été nommé Premier ministre en novembre 2011 après la démission de son prédécesseur, cheikh Nasser Mohamed al-Ahmad Al-Sabah, un neveu de l'émir, sur fond d'accusations de corruption.

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