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03/12/2012 01:48 EST | Actualisé 02/02/2013 05:12 EST

Congo: l'armée est de retour à Goma, mais la menace du M23 plane toujours

GOMA, République Démocratique Du Congo - L'armée congolaise a repris lundi le contrôle de Goma, une ville stratégique de l'est de la République démocratique du Congo, mais les rebelles du M23 qui ont occupé la ville pendant deux semaines continuaient de maintenir des positions à seulement trois kilomètres de là, menaçant de reprendre Goma si le gouvernement ne répond pas à leurs demandes.

Des citoyens de Goma ont accueilli avec joie le retour de l'armée dans la ville, lundi, et des femmes se sont précipitées pour embrasser les soldats. Ce retour survient 13 jours après la chute de la ville aux mains des rebelles, qui seraient soutenus par le Rwanda.

Signe inquiétant, toutefois, les rebelles sont restés sur leurs positions dans les collines qui entourent la ville. Ils affirment attendre que le gouvernement réponde à leurs revendications avant de décider de reprendre la ville ou non.

Les rebelles affirment se battre pour une meilleure application de l'accord de paix du 23 mars 2009, qui leur a permis d'être intégrés dans l'armée nationale. Mais les experts estiment que les véritables raisons de la rébellion est la volonté du Rwanda d'annexer les montagnes riches en minéraux de la région.

Après une occupation de près de deux semaines, le M23 a accepté de quitter Goma le week-end dernier sous la pression internationale, notamment de nouvelles sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU. Mais le retrait était conditionnel. Les commandants rebelles avaient annoncé qu'ils se retiraient à 20 kilomètres de la ville en attendant que le gouvernement congolais accepte de négocier et ont fixé un ultimatum à 14 h lundi.

À l'expiration de l'ultimatum, des journalistes ont vu une colonne de rebelles marcher vers des positions surplombant Goma. D'autres érigeaient une tente sur une colline à l'ouest de la ville. Des rebelles prenaient position par groupes de trois sous les arbres le long de la route menant au nord de Goma.

«Nous avons donné un délai de 48 heures à Kinshasa, et nous attendons maintenant qu'il expire», avait déclaré le colonel Vianney Kazarama, porte-parole des rebelles, à l'approche de l'expiration de l'ultimatum. «Vous devriez appeler le Congo et leur demander ce qu'ils ont prévu de faire. Ils ne nous ont pas encore contactés. Et nous attendons de voir ce qui va se passer avant de nous prononcer.»

Malgré le retrait du M23 de Goma, une condition établie par le gouvernement congolais pour ouvrir des négociations, le président Joseph Kabila n'a pas dit clairement si son gouvernement comptait négocier avec les rebelles.

À l'approche de l'expiration de l'ultimatum lundi, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a déclaré qu'il n'avait rien à dire sur le sujet. Mais le gouvernement a ensuite diffusé un communiqué dans lequel il se félicite du départ du M23 de Goma et confirme «l'enthousiasme avec lequel la population de la ville a accueilli le retour (des militaires) venus sécuriser la ville».

Les résidants de Goma, dont la vie quotidienne a été bouleversée par l'arrivée des rebelles, tentaient de reprendre leurs activités habituelles lundi. La plupart des commerces ont rouvert, malgré l'incertitude qui continue de planer sur la ville.

Une femme qui vendait des vêtements usagés au marché Virunga a déclaré qu'elle n'avait pas d'autre choix que de travailler.

«On ne va pas attendre éternellement, n'est-ce pas?», a dit Anette Murkendiwa. «Je dois nourrir mes enfants.»

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