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03/12/2012 03:54 EST | Actualisé 02/02/2013 05:12 EST

Colonies: Israël ne reviendra pas sur sa décision en dépit des pressions (bureau de Netanyahu)

Le gouvernement israélien ne renoncera pas, en dépit "des pressions internationales", à sa décision de relancer la construction dans des colonies en réaction à la démarche palestinienne à l'ONU, a affirmé à l'AFP une source au bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Israël insiste toujours sur ses intérêts vitaux, même sous les pressions internationales et il n'y aura pas de changement à la décision qui a été prise. La démarche palestinienne à l'ONU est une violation flagrante des accords garantis par la communauté internationale", a déclaré cette source sous le couvert de l'anonymat.

Les ambassadeurs d'Israël en France, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Suède et au Danemark ont été convoqués lundi par les ministères des Affaires étrangères de ces quatre pays qui entendaient leur signifier leurs "préoccupations" voire leur "désapprobation" de ces projets.

L'Allemagne, qui doit recevoir cette semaine M. Netanyahu, s'est dite "très inquiète", estimant que par cette annonce "Israël sape la confiance dans sa volonté de négociations".

Washington a rejoint le concert de protestations des capitales européennes contre ces nouveaux projets en exhortant Israël à "réexaminer ces décisions unilatérales et à faire preuve de retenue".

"Ces actes sont contre-productifs et rendent plus difficile la reprise des négociations directes entre Israël et Palestiniens", a estimé le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney.

La Russie, rappelant que la colonisation était illégale au regard du droit international, a souligné que ces projets avaient "une influence très négative sur les efforts pour relancer les pourparlers directs" israélo-palestiniens, exhortant le gouvernement israélien à réviser sa position.

M. Netanyahu a réagi à l'accession jeudi de la Palestine au statut d'Etat observateur non membre de l'ONU en annonçant une relance de la construction dans les colonies, y compris dans le très controversé projet E1 qui relierait Jérusalem-Est à la colonie de Maalé Adoumim, coupant en deux la Cisjordanie et l'isolant de Jérusalem, ce qui compromettrait la viabilité d'un futur Etat palestinien.

"La réponse à l'attaque contre le sionisme et contre l'Etat d'Israël doit nous conduire à augmenter et à accélérer la mise en oeuvre des plans de construction dans toutes les zones où le gouvernement a décidé de bâtir", a-t-il lancé dimanche en Conseil des ministres.

Le gouvernement israélien n'a avancé aucune date de mise en chantier, mais la seule annonce a provoqué un tollé international.

Si ce projet "venait à se concrétiser, cela porterait un coup presque fatal aux dernières chances de garantir une solution à deux Etats", a affirmé dimanche le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, soulignant qu'il "risque de couper totalement Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie".

Le projet avait été gelé en 2005 sous pressions de l'administration du président américain de l'époque George W. Bush. Dans la foulée, Benjamin Netanyahu, alors ministre des Finances, s'était rendu sur le site pour dénoncer cette décision.

Lundi soir, le ministère israélien de l'Intérieur a fait part de son intention de relancer un projet de construction de 1.600 logements à Ramat Shlomo, un quartier de colonisation dans Jérusalem-Est occupée et annexée, déjà condamné par Washington en mars 2010.

"La commission du ministère de l'Intérieur pour Jérusalem se réunira d'ici deux semaines pour discuter des éventuelles objections à ce programme qui avait été approuvé il y a plus de deux ans", a déclaré une porte-parole à l'AFP.

Ce projet controversé avait été gelé après avoir déclenché une grave crise diplomatique entre les Etats-Unis et Israël pendant une visite à Jérusalem du vice-président américain Joe Biden le 9 mars 2010.

Au regard du droit international, toutes les colonies israéliennes sont illégales.

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