POLITIQUE

Affaire Breton: la CAQ passe l'éponge et veut annuler la commission parlementaire sur sa visite au BAPE

03/12/2012 04:06 EST | Actualisé 02/02/2013 05:12 EST
PC

QUÉBEC - Daniel Breton a suffisamment été puni pour ses frasques, estime la Coalition avenir Québec (CAQ).

La formation de François Legault va demander ce mardi l'annulation de la commission parlementaire mandatée pour faire la lumière sur les allégations d'ingérence pesant sur l'ex-ministre. En principe, la commission doit se réunir vendredi.

Le député montréalais de Sainte-Marie-Saint-Jacques a remis sa démission jeudi dernier à titre de ministre de l'Environnement à la suite de révélations sur son passé de mauvais locataire et de mauvais payeur, accumulant les condamnations et les amendes.

Mais auparavant visé par des allégations d'ingérence, M. Breton devait aussi se présenter en commission parlementaire le 7 décembre pour justifier sa visite controversée au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) le 24 octobre.

Selon des informations rapportées par un quotidien, M. Breton aurait alors demandé aux commissaires du BAPE de lui fournir leur numéro de cellulaire. Il les aurait prévenus qu'il leur ferait part de son mécontentement si une décision du BAPE devait lui déplaire.

Maintenant que M. Breton a renoncé à ses fonctions ministérielles, il n'y a plus lieu de tenir cette commission parlementaire, a soutenu le porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de ressources naturelles, François Bonnardel.

«Ça ne sert à rien de ramener M. Breton à la barre et le faire témoigner. L'homme n'est plus là, il n'est plus ministre, il n'est plus dans le Saint des Saints. Ça ne sert à rien de revenir là-dessus, la commission n'a plus sa raison d'être», a déclaré le député de Granby.

En retournant sur les banquettes arrière de l'Assemblée nationale, M. Breton a payé le prix fort pour ses erreurs passées, a ajouté M. Bonnardel, prêt à tourner la page sur ce chapitre.

«Dans cet épisode, il y a une leçon pour le ou la prochaine ministre de l'Environnement: on a besoin de quelqu'un de pragmatique dans ce rôle, quelqu'un qui ne met pas en opposition le développement économique et l'environnement», a-t-il fait valoir.

À son avis, la tenue de la commission parlementaire serait de l'acharnement sur une personne «blessée».

En fin d'après-midi, lundi, la CAQ tablait sur un projet de motion visant à annuler l'exercice ordonné par l'Assemblée nationale.

«On ne va pas s'acharner sur un homme blessé. Dans ce cas-ci, les libéraux veulent s'acharner sur Daniel Breton pour cacher leur passé marqué par des problèmes d'intégrité avec la collusion et leur refus de tenir une commission d'enquête. Je pense qu'il faut adopter une approche humaine dans ce dossier», a affirmé M. Bonnardel.

Chez les libéraux, aucune décision n'avait été prise en fin de journée lundi sur le sort réservé à la commission, mais une annonce était attendue. L'opposition officielle est à l'heure des décisions dans ce dossier, a indiqué le porte-parole de l'aile parlementaire libérale, Charles Robert.

«Il faut savoir que la question que l'on pose, c'est: que s'est-il passé lors de la rencontre du 24 octobre (au BAPE)? Y a-t-il eu un membre du conseil des ministres qui s'est ingéré dans les affaires de l'organisme? Y aurait-il lieu d'entendre des témoins? Faut voir si la commission parlementaire est encore pertinente», a soulevé M. Robert.

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