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La fronde des juges égyptiens ne menace pas le référendum (responsable)

02/12/2012 12:54 EST | Actualisé 01/02/2013 05:12 EST

Un responsable islamiste égyptien ayant participé à l'élaboration du projet de Constitution a estimé dimanche que la fronde des juges contre le président Mohamed Morsi n'empêcherait pas le bon déroulement du référendum sur ce texte qui divise le pays.

"Je suis sûr qu'au final, les juges vont superviser le référendum. Nous avons 14.000 juges. Personne n'a dit que les 14.000 étaient du même avis" sur les pouvoirs de M. Morsi et sur la Constitution, a déclaré dimanche à l'AFP Amr Darrag, haut responsable du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la formation politique des Frères musulmans, dont M. Morsi est issu.

La Haute cour constitutionnelle égyptienne a annoncé dimanche une grève illimitée pour dénoncer des "pressions" des partisans du président islamiste.

La Cour de cassation et d'autres juges étaient déjà en grève pour dénoncer les pouvoirs que le président s'est octroyé par un décret du 22 novembre mettant en particulier ses décisions et la commission constituante à l'abri d'un recours devant les tribunaux.

Ces derniers jours, l'opposition avait relevé que la fronde des magistrats, chargés de surveiller les scrutins et d'en proclamer les résultats, pourrait menacer le déroulement et la légitimité du référendum sur le projet de Constitution, qui doit avoir lieu le 15 décembre.

Le texte a été approuvé vendredi à l'aube par une commission dominée par les islamistes et boycottée par l'opposition laïque et libérale ainsi que par les Eglises chrétiennes.

M. Darrag a fustigé l'absence de volonté de compromis de la part des libéraux, assurant que le projet de Constitution apportait des garanties "sans précédent" en matière "de droits et de libertés pour le peuple (... et) pour les minorités".

Il a aussi dénoncé le caractère "hautement politisé" de la cour constitutionnelle, assurant qu'après avoir dissous en juin l'assemblée dominée par les islamistes, elle s'apprêtait à faire de même avec la commission constituante et la chambre haute.

Concernant le référendum, le responsable islamiste a déclaré qu'il serait "malheureux" si le texte n'était pas approuvé par une majorité d'au moins 70% des voix.

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