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02/12/2012 08:02 EST | Actualisé 01/02/2013 05:12 EST

Koweït: l'opposition réclame la dissolution du nouveau Parlement

L'opposition koweïtienne a réclamé dimanche la dissolution du Parlement issu des élections législatives qu'elle a boycottées et où la minorité chiite s'est taillé la part du lion dans la nouvelle Assemblée.

"Nous allons poursuivre nos manifestations pacifiques dans le cadre de la Constitution jusqu'à la chute du nouveau Parlement", a déclaré à l'AFP un chef de l'opposition, l'ancien député Fayçal al-Muslim, au lendemain du scrutin.

L'opposition a qualifié le nouveau Parlement d'"illégitime", en raison d'une modification de la loi électorale prévoyant que chaque électeur choisisse désormais un seul candidat, alors qu'il pouvait auparavant désigner jusqu'à quatre candidats.

"Nous appelons à la chute du Parlement et à l'abrogation du décret (sur l'amendement) car cette Chambre ne représente pas le peuple koweïtien", a insisté M. Muslim.

Les organisateurs de trois grandes manifestations de l'opposition avant les élections ont annoncé une nouvelle mobilisation, sans en préciser la date. "Nous annonçons aujourd'hui le lancement d'une nouvelle phase de manifestations et de marches contre les forces de la corruption", ont-ils écrit sur Tweeter.

Selon les résultats annoncés par la Commission nationale électorale, les candidats chiites ont remporté 17 des 50 sièges au Parlement, un record historique. Ils avaient refusé de répondre aux appels au boycott du scrutin lancés par l'opposition, dominée par les sunnites.

Les chiites, qui représentent près de 30% des quelque 1,2 million de Koweïtiens, ne disposaient que de 9 députés dans la Chambre de 2009 et de 7 dans celle élue en février et dissoute en juin par une décision de justice.

Trois femmes ont été élues, contre quatre en 2009, et 30 nouveaux élus font leur entrée au Parlement, témoignant du large renouvellement dû au boycott du scrutin par les anciens députés de l'opposition. Les islamistes sunnites ont remporté 4 sièges, contre 23 sortants.

Pour l'expert politique Mohamed al-Ajmi, cette "élection présage d'une nouvelle phase d'instabilité politique (...) car le nouveau Parlement ne représente pas fidèlement la population koweïtienne".

L'opposition réclame des réformes démocratiques de fond pour réduire l'emprise de la famille régnante sur les rouages de l'Etat, avec un gouvernement issu de la majorité parlementaire et une meilleure lutte contre la corruption, mais elle n'a jamais contesté le règne des Al-Sabah, au pouvoir depuis plus de 250 ans.

Elle disposait de 36 des 50 sièges de la Chambre dissoute en juin et estimait que le fait de ne choisir qu'un seul candidat favoriserait les achats de vote et permettrait au pouvoir d'obtenir une assemblée à sa solde.

L'opposition s'est félicitée dimanche du succès de son appel au boycott. Selon M. Muslim, le taux de participation a été inférieur à 27%. La Commission nationale électorale n'a donné aucun chiffre et le ministère de l'Information a annoncé un taux de participation de 40%.

Un élu chiite, Khaled al-Chatti, a défendu le nouveau Parlement, estimant qu'il allait "aider à la stabilité politique et relancer le développement" dans l'émirat.

Les trois principales tribus bédouines --les Awazem, Mutair et Ajami, fortes de 400.000 membres-- ont été les grands perdants, avec un seul élu, contre 17 dans de précédentes Chambres.

Le scrutin, le deuxième en 10 mois et le cinquième depuis la mi-2006, s'est déroulé sans incident malgré une forte tension politique entre l'opposition et le gouvernement dirigé par la famille régnante des Al-Sabah.

Selon la loi, le gouvernement doit démissionner et un nouveau cabinet doit être formé avant que le nouveau Parlement ne se réunisse dans deux semaines.

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