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02/12/2012 05:57 EST | Actualisé 01/02/2013 05:12 EST

Funérailles pour un opposant à Kadhafi retrouvé 19 ans après sa disparition

Le ministère libyen des Affaires étrangères a annoncé l'organisation dimanche d'une cérémonie funèbre en hommage à un farouche opposant à l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, disparu il y a 19 ans et dont le corps a été découvert tout récemment dans une morgue à Tripoli.

"Le régime tyrannique (de Kadhafi) a enlevé l'opposant Mansour Rachid al-Kikhia, l'a tué, dissimulé son corps et ne l'a pas enterré ce qui prouve qu'il avait plus peur de lui mort que vivant", a indiqué le ministère dans un communiqué.

Al-Kikhia devrait être enterré lundi dans sa ville natale de Benghazi, selon son frère Mahmoud. Ce dernier a précisé que la dépouille de Mansour al-Kikhia avait été découverte mi-octobre dans une morgue à l'intérieur d'une villa à Tripoli, appartenant aux services des renseignement militaires kadhafistes.

"L'analyse de l'ADN a prouvé que le corps retrouvé est compatible avec celui des frères et des fils de Mansour al-Kikhia", a-t-il affirmé.

Il a précisé que c'est Abdallah al-Senoussi, ex-chef de renseignements sous Mouammar Kadhafi actuellement emprisonné par les nouvelles autorités, qui "a reconnu l'enlèvement de Mansour, indiqué le lieu où se trouvait sa dépouille".

Mansour al-Kikhia avait disparu en décembre 1993 au Caire.

Les services de renseignement libyens avaient été alors pointés du doigt et une implication du régime égyptien fut évoquée, mais en l'absence de preuves, la disparition de cet opposant est restée un mystère.

Né en 1931 à Benghazi, al-Kikhia avait entamé une carrière de diplomate sous la monarchie. Ambassadeur à Paris puis à Alger, il était devenu le représentant de la Libye auprès des Nations unies en 1965.

Kadhafi le nomma ministre des Affaires étrangères en 1972. Huit ans plus tard, revenu à ses fonctions onusiennes, il quittait l'ancien "Guide" et passait à l'opposition.

Durant les années 1990, Mouammar Kadhafi avait lancé une campagne de liquidation de plusieurs opposants dans des pays arabes et occidentaux, qui étaient qualifiés par le défunt dictateur de "chiens errants".

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