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02/12/2012 07:42 EST | Actualisé 01/02/2013 05:12 EST

Doha: la Nouvelle-Zélande veut conclure une nouvelle entente sur le climat

DOHA, Qatar - Dans un geste illustrant la division entre les pays développés et les économies émergentes comme la Chine, le ministre néo-zélandais du Climat a vivement défendu dimanche la décision de son gouvernement de se retirer du traité restreignant les émissions polluantes des pays industrialisés, affirmant qu'il s'agissait d'une réponse dépassée et insuffisante au réchauffement climatique.

Parmi les autres sujets importants abordés à la Conférence sur les changements climatiques de l'ONU à Doha au Qatar, qui en est à sa deuxième semaine, figurent les méthodes pour aider les pays émergents à développer des sources énergétiques non polluantes et la mise sur pied d'un nouveau traité pour remplacer le protocole de Kyoto, qui ne concerne que les pays développés.

La Nouvelle-Zélande avait annoncé avant le début des discussions qu'elle ne participerait pas à la deuxième phase de ce traité. Cette décision a provoqué la colère de militants environnementalistes, en plus de sidérer des petites nations insulaires voisines, qui craignent d'être submergées en raison de la hausse du niveau des océans causée par le réchauffement climatique.

Le ministre néo-zélandais du Climat, Tim Groser, a déclaré dimanche à l'Associated Press que la Nouvelle-Zélande faisait preuve de «prévoyance» en abandonnant le protocole de Kyoto, qui date de 1997, en faveur d'un nouveau pacte mondial sur le climat qui impliquerait également les pays en développement.

Les États-Unis n'ont jamais ratifié Kyoto, qui arrive à échéance cette année, en partie parce que l'entente n'imposait pas de limites à la Chine et à d'autres économies émergentes.

L'Australie et l'Europe veulent prolonger le protocole dans le cadre de la conférence actuelle, et ce, jusqu'à ce qu'un nouveau traité entre en vigueur, ce qui ne devrait pas survenir avant 2020.

M. Groser ne voit pas l'utilité d'une telle démarche, puisque les pays signataires de Kyoto représentent moins de 15 pour cent des émissions polluantes mondiales.

«Vous ne pouvez pas sérieusement affirmer que vous vous attaquez aux changements climatiques à moins que vous ne décidiez de vous pencher sur les 85 pour cent d'émissions qui se trouvent à l'extérieur [de Kyoto]», a-t-il fait valoir. «Nous regardons maintenant plus loin que Kyoto, là où nous croyons que se trouvent les vrais enjeux.»

La majorité des émissions de gaz favorisant l'effet de serre et le réchauffement climatique est actuellement produite par les pays en développement, la Chine étant le plus grand pollueur de la planète. Pékin affirme qu'elle devrait avoir le droit de continuer à augmenter ses émissions alors que son économie se développe et que des millions de personnes sortent de la pauvreté.

Le régime communiste soutient également que les nations occidentales ont une responsabilité historique en matière de changements climatiques puisqu'elles émettaient des gaz polluants bien avant que la Chine ne commence à s'industrialiser.

Plutôt que de se conformer aux cibles de Kyoto, la Nouvelle-Zélande a pour sa part offert de s'engager volontairement à réduire ses émissions de 10 à 20 pour cent d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990.

Le ministre Groser a précisé que son gouvernement ne confirmerait pas son engagement avant la fin de la conférence de Doha parce qu'il veut savoir s'il pourra continuer à utiliser le système d'échange de crédits d'émissions instauré par le protocole de Kyoto.

Les négociateurs à Doha sont également dans une impasse à propos des mécanismes permettant aux pays pauvres de passer aux énergies renouvelables et de s'adapter aux changements climatiques qui pourraient causer des dommages dans le domaine de la santé, de l'agriculture et de l'économie en général.

La Chine et d'autres pays en développement souhaitent que les nations industrialisées présentent un plan décrivant comment elles comptent remplir leur promesse par rapport au Fonds climatique vert, une initiative créée à la conférence de Copenhague en 2009 qui vise à fournir 100 milliards $ par année d'ici 2020 afin d'aider les économies émergentes à gérer les changements climatiques.

Avec des budgets nationaux sous pression en raison de la crise financière mondiale, les pays riches ne sont pas intéressés à promettre de tels montants dans le cadre des négociations à Doha, mais ils affirment que ce financement pourrait éventuellement se concrétiser. Ils soulignent également avoir déjà versé 30 milliards $ pour lancer le Fonds, des sommes contestées par divers groupes environnementaux qui parlent plutôt de prêts et d'aide financière déjà annoncée.

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