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01/12/2012 02:50 EST | Actualisé 31/01/2013 05:12 EST

WikiLeaks: les gardiens racontent comment Manning a craqué en détention

Deux anciens gardiens de la prison militaire où était incarcéré le soldat Bradley Manning dans des conditions ultrasévères ont raconté samedi comment le détenu s'était écroulé en pleurs, au lendemain d'une manifestation de soutien devant l'établissement.

Joshua Tankersly et Jonathan Cline, interrogés par téléphone depuis la base militaire de Fort-Meade (Maryland, est) où Bradley Manning comparaîssait au 5e jour d'une audience préliminaire, étaient chargés d'escorter le détenu le 18 janvier 2011 jusqu'à la salle de sports de la base de Quantico en Virginie (est).

La veille, des dizaines de manifestants avaient bloqué pendant plusieurs heures un des accès de la base, qui abritait la prison, pour protester contre les conditions de détention de Manning que le rapporteur de l'ONU sur la torture a jugé "inhumaines et dégradantes".

"On a demandé au détenu d'écarter les jambes pendant qu'on lui mettait les menottes aux mains, puis de se tourner pour qu'on l'attache aux jambes puis de s'agenouiller pendant qu'on lui mettait une ceinture" à la taille, a raconté au tribunal M. Cline.

"Quand on lui a mis ses menottes, il ne répondait pas de manière correcte", a raconté M. Tankersly, "on est supposé répondre en utilisant les rangs militaires". Il a précisé qu'un autre gardien devait tenir le détenu à la taille, pour "l'empêcher de tomber" car il était "complètement attaché aux mains et aux jambes".

Tankersly lui a dit: "arrête de bouger". Et "quand on lui a enlevé ses attaches, il a recommencé à bouger", a raconté M. Cline, "il est tombé sur les fesses, on a essayé de l'attraper mais il est allé se cacher derrière une machine à exercices et il a commencé à pleurer".

Aucun des deux gardiens ne s'est rappelé si Manning avait été "traité" différemment ce jour-là, au lendemain de la manifestation.

M. Clide a admis que le personnel de la prison "était ennuyé car les (protestataires) étaient proches de la base", devant "la porte principale que le personnel empruntait pour rentrer chez lui".

Les deux gardiens ont ensuite reconnu que Manning avait toujours été "respectueux" et "obéissant" avec eux, à l'exception de cet incident, et n'avaient jamais tenté de s'enfuir, ni d'agresser quelqu'un, ni de se faire du mal.

M. Tankersly a admis que Manning n'avait droit qu'à "20 minutes de lumière" par jour, et que s'il les utilisait, ces minutes étaient déduites de son heure autorisée d'exercice en salle, sa seule possibilité de sortir de sa cellule.

"Je lui parlais comme à un être humain normal. C'est déjà une punition pour les détenus d'être dans cet établissement, on n'a pas besoin en plus de leur crier dessus", a déclaré M. Clide.

Au cours de cette audience, la défense s'attache à montrer que les conditions d'emprisonnement de Manning pendant neuf mois à Quantico constituent une "punition illégale préventive", proscrite par le code militaire, pour réclamer l'abandon de toutes les charges.

Le soldat de 24 ans encourt la prison à perpétuité pour avoir transmis à WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, et 260.000 dépêches du département d'Etat, déclenchant une tempête dans la diplomatie mondiale.

chv/rap

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