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01/12/2012 07:20 EST | Actualisé 31/01/2013 05:12 EST

Troisième jour sans internet ni téléphone en Syrie

Une grande partie de la Syrie était samedi coupée du monde pour le troisième jour consécutif, sans internet ni téléphone, a constaté l'AFP à Damas.

Si cette interruption des communications affecte les familles, elle n'a pas de réel impact sur les militants hostiles au régime de Bachar al-Assad, ont affirmé à l'AFP l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et un militant.

"De nombreux militants ont des téléphones satellitaires, mais le Syrien moyen qui doit téléphoner pour aider une personne blessée, par exemple, ne peut plus le faire", a expliqué à l'AFP le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

"Internet devait être rétabli vendredi, mais ce n'est toujours pas le cas", a-t-il remarqué.

Les militants n'ayant plus accès à une connexion satellite ont eux dû se rabattre sur les lignes téléphoniques fixes. "Nous parlons en code, parce que les lignes fixes sont surveillées par les autorités", a précisé M. Abdel Rahmane.

Les communications en Syrie ont été coupées jeudi dans l'après-midi. Des militants ont accusé le régime de préparer un "massacre", mais les autorités ont expliqué cette interruption par des "travaux de maintenance".

"Les militants dans les zones aux mains des rebelles ont accès aux téléphones satellitaires et au réseau internet, mais les membres de familles vivant dans les secteurs tenus par le régime et séparés par les violences n'ont plus aucun moyen de communiquer entre eux", a expliqué un militant joint par l'AFP via internet et qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat.

Pour permettre aux internautes de transmettre des informations, alors que les autorités restreignent l'accès des médias internationaux, Google et Twitter ont activé en Syrie le "tweet voice", mis en place durant la révolution égyptienne en 2011, qui permet de tweeter via des messages vocaux sur téléphone portable.

Amnesty International a estimé que cette coupure "pourrait annoncer l'intention des autorités de dissimuler aux yeux du monde la vérité de ce qui se passe dans le pays", au moment où les combats gagnaient jeudi pour la première fois en 20 mois de conflit les abords de l'aéroport de Damas.

ser/sbh/feb

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