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01/12/2012 05:15 EST | Actualisé 31/01/2013 05:12 EST

Raids aériens autour de Damas, l'armée reprend un champ pétrolier

L'armée de l'air syrienne bombardait samedi la banlieue de Damas, où se concentrent désormais les combats, les troupes au sol reprenant par ailleurs un champ pétrolier qu'ils avaient abandonné dans l'Est.

Le régime, qui a lancé jeudi une vaste offensive pour prendre un rayon de huit kilomètres autour la capitale, veut à tout prix conserver Damas et ses alentours pour être en position de négocier une issue au conflit, selon les experts.

De fait, l'aviation et les troupes étaient de nouveau samedi sur le pied de guerre, pilonnant les vergers qui bordent Damas où les rebelles ont établi leurs bases arrière. Ils bombardaient notamment les localités de la Ghouta orientale, traversée par la route de l'aéroport international.

Jeudi, pour la première fois en 20 mois de violences, les combats ont gagné les abords de cet aéroport, où la compagnie nationale SyrianAir a assuré à l'AFP que le trafic avait repris normalement, les autorités disant avoir "sécurisé" jeudi soir la route y menant.

Samedi, le ministère de l'Information a une nouvelle fois martelé que "l'aéroport fonctionne normalement et la route y menant est totalement sécurisée", selon la télévision d'Etat.

Néanmoins, un convoi de l'ONU qui quittait l'aéroport de Damas a été la cible vendredi de tirs d'origine indéterminée, pour le deuxième jour consécutif, a indiqué un porte-parole de l'ONU.

"L'armée veut prendre le contrôle du côté est de l'aéroport (la Ghouta), où se trouvent des milliers de terroristes et cela va prendre plusieurs jours", a déclaré à l'AFP une source de sécurité. Le régime assimile les rebelles à des "terroristes".

Alors que les violences ont gagné en intensité et surtout atteint la capitale et sa proche banlieue, l'émissaire Lakhdar Brahimi a dit redouter que la Syrie ne devienne un "Etat en décomposition avec toutes les conséquences désastreuses pour le peuple syrien, pour la région et pour la paix et la sécurité internationales".

Dans l'est du pays, où se trouve la plus grande zone géographique échappant totalement au régime, l'armée a repris le champ pétrolier Al-Omar, après l'avoir abandonné jeudi, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les rebelles n'avaient pas investi le champ, "redoutant qu'il ne soit miné", a expliqué à l'AFP son chef, Rami Abdel Rahmane. Cette infrastructure est stratégique car elle est l'une des dernières positions des troupes à l'est de la ville de Deir Ezzor, non loin de l'Irak.

En novembre, les rebelles ont porté un coup, surtout symbolique, au régime en prenant le plus important champ pétrolier du pays ainsi que plusieurs autres réserves de gaz et de brut.

La production pétrolière syrienne, principalement destinée à la consommation intérieure, qui s'élevait à 420.000 barils par jour, a été réduite de moitié depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire devenue conflit armé.

Dans le nord du pays, 14 rebelles ont péri dans des combats contre des membres des forces pro-gouvernementales aux abords d'une base de la défense aérienne, a rapporté l'OSDH, faisant également état de bombardements et de combats à Alep, la métropole du nord en proie depuis plus de quatre mois à une guérilla urbaine.

Une grande partie du pays était toujours coupée du monde samedi, sans internet ni téléphone pour le troisième jour consécutif, a constaté une journaliste de l'AFP.

Ce black-out fait craindre le pire aux militants et aux ONG, tandis que des appels internationaux ont été lancés, exhortant les autorités à rétablir les communications.

L'ONU a estimé que 700.000 réfugiés auraient fui la Syrie d'ici janvier, une augmentation spectaculaire alors que le conflit atteint "des niveaux épouvantables de brutalité".

bur-sbh/feb

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